À l’approche de l’Aïd el-Fitr, la « cité des agrumes » vibre au rythme des derniers préparatifs. Au grand marché de Kindia, l’affluence est à son comble : entre étals de vêtements, accessoires de mode et denrées alimentaires, vendeurs et acheteurs s’activent dans une ambiance électrique. Pourtant, derrière ce décor de fête, une crise silencieuse grippe les rouages du commerce local : la pénurie de liquidités.
Dans les allées bondées, le paradoxe est frappant. Si les clients sont présents, les transactions, elles, piétinent. En cause ? L’incapacité des kiosques de paiement mobile à satisfaire les demandes de retrait. Sans « cash », les échanges s’essoufflent, au grand dam des commerçants qui voient leurs ventes ralentir malgré une demande pourtant soutenue.
Le constat est identique chez les vendeuses d’accessoires. Les clientes, prêtes à finaliser leurs emplettes pour le jour J, se heurtent à ce mur monétaire.
« Les prix sont abordables, on arrive à négocier, mais impossible de mettre la main sur notre argent pour payer », déplore un acheteur.
Le secteur alimentaire subit également de fortes tensions. Le prix du poulet grimpe, poussé par des coûts d’approvisionnement en hausse, réduisant les marges des revendeuses. Malgré cela, de nombreux ménages se rabattent sur la volaille, délaissant une viande de bœuf devenue inabordable.
À la boucherie centrale, la situation est critique. L’offre s’est raréfiée pour deux raisons majeures :
• Sanitaire : Des épizooties ayant durement touché le cheptel local.
• Économique : L’exportation massive du bétail vers les pays voisins et la concurrence du marché de Conakry, où les prix de vente plus élevés captent l’essentiel de la production.
Malgré ce contexte économique asphyxiant, marqué par la cherté de la vie et le manque de billets, l’esprit de résilience domine. Les habitants de Kindia s’efforcent de faire fi des obstacles pour célébrer dignement cette fin de mois de Ramadan.
Une fête très attendue qui, cette année, se prépare sous le signe de l’ingéniosité face à la crise.
Par Naby Moussa Sylla
Pour Avenirguinee.org



