Ce samedi, le Centre Hadja Mafori de l’Université Gamal Abdel Nasser a abrité une rencontre d’échange cruciale entre le Syndicat National des Pharmaciens de Guinée (SINAPHAG) et de nombreux professionnels du secteur. L’objectif était de pencher sur la crise profonde qui mine le secteur pharmaceutique guinéen depuis des mois, suite à la fermeture de plusieurs officines à travers le pays.
Au sortir de cette énième concertation, le syndicat, entouré de pharmaciens en détresse, a rendu publique une déclaration officielle. Malgré les efforts consentis par l’Ordre National des Pharmaciens et le syndicat, l’espoir d’une sortie de crise définitive reste au cœur des préoccupations.
D’entrée de jeu, le Dr Thierno Oumar Barry, président du SINAPHAG, a exprimé sa vive inquiétude : « Le Syndicat National des Pharmaciens de Guinée prend la parole aujourd’hui pour exprimer sa profonde préoccupation face aux opérations de fermeture en cours visant plusieurs officines à travers le pays. Que les choses soient claires : le SINAPHAG est et restera le premier défenseur de la légalité. Nous sommes indéfectiblement attachés au respect de la réglementation pharmaceutique et aux exigences strictes de la santé publique. Nous ne défendons pas l’anarchie. Mais de quoi parle-t-on concrètement ? On parle de jeunes pharmaciens diplômés qui ont choisi la voie de la légalité. Des professionnels qui ont déposé des dossiers complets auprès des autorités compétentes depuis 3, 4, voire 5 ans, et qui attendent désespérément leurs agréments dans un silence administratif total. En l’absence de réponse dans des délais raisonnables, ces jeunes confrères ont avancé : ils ont investi, contracté des prêts bancaires, loué des locaux, recruté du personnel et mis des médicaments de qualité à la disposition des populations. »
Poursuivant sa déclaration, le président du SINAPHAG a dénoncé les failles du système actuel : « Aujourd’hui, ces fermetures brutales ne punissent pas une fraude, elles sanctionnent la lenteur de notre propre administration. Le constat du SINAPHAG est sans appel : les difficultés actuelles ne relèvent d’aucune volonté d’insoumission des pharmaciens, mais d’un dysfonctionnement systémique dans le traitement des agréments. Pire encore, nous constatons un traitement à double vitesse de certains dossiers, ce qui crée un sentiment d’iniquité inacceptable et fragilise la cohésion de notre corporation. Face à cette détresse humaine, économique et sanitaire, le SINAPHAG refuse la politique du pire. Nous appelons le ministère de la Santé, l’Inspection générale de la Santé, la Direction nationale de la pharmacie et du médicament, ainsi que l’Ordre national des pharmaciens de Guinée à une approche concertée et socialement responsable. »
Pour débloquer la situation, le Dr Thierno Oumar Barry formule des propositions concrètes et urgentes : Et de rajouter « Nous formulons trois exigences concrètes :
1) Le moratoire immédiat,
2) la suspension temporaire des fermetures pour toutes les officines dont les dossiers sont officiellement en instance. On ne ferme pas d’abord pour réfléchir ensuite.
3) Une commission technique, la création d’un cadre d’urgence. Ministère ordre SINAPHAG pour auditer les dossiers, thriller ce qui est recevable et fixer un calendrier de régularisation transparent. Des mesures transitoires : l’octroi d’autorisation provisoire d’exercer pour éviter la faillite de ces jeunes entrepreneurs et la perte d’emploi… ».
Le SINAPHAG tend la main aux autorités. Nous sommes prêts à nous asseoir autour de la table dès aujourd’hui pour préserver à la fois la santé publique, l’emploi des jeunes et l’accès de la population aux médicaments. Mais nous affirmons ici avec force que la brutalité administrative ne saurait tenir lieu de politique de santé publique », a conclu le président du syndicat.
Alsény Savané pour avenirguinee.org
625-21-04-05



