À seulement une semaine de la fête de l’Aïd el-Fitr (Ramadan), la crise de liquidité semble loin d’être maîtrisée dans la capitale guinéenne. La rareté des billets de banque réduit drastiquement le pouvoir d’achat des populations et installe une inquiétude grandissante.
Face à cette situation critique, la rédaction d’Avenirguinee.org a tendu son micro à plusieurs citoyens. Le constat est unanime : obtenir de l’argent liquide est devenu un véritable défi logistique.
Pour un ouvrier ayant requis l’anonymat, la situation est alarmante. Il témoigne de son calvaire récent entre plusieurs quartiers de la capitale :
« Le pays traverse une période difficile, c’est la vérité. Récemment, j’ai voulu effectuer un retrait de 300 000 GNF. De Kipé à Bambeto, c’était impossible. C’est finalement à Château Rail que j’ai pu obtenir gain de cause. Les préparatifs de la fête n’ont même pas encore véritablement commencé et c’est déjà très grave. Désormais, par prudence, je refuserai tout paiement par voie électronique, quel que soit le montant. »
Le secteur informel, moteur de l’économie locale, est particulièrement touché. Aboubacar Sylla, mécanicien automobile, ne cache pas son exaspération après des heures de recherche infructueuse :
« C’est la première fois que je vois le pays traverser une telle crise de liquidité. Depuis ce matin, je marche pour essayer de retirer 500 000 GNF, mais sans succès jusqu’à présent. Cela m’énerve, mais je suis impuissant. Il faut que le gouvernement nous aide, car nous devons préparer la fête. Sinon, elle risque de se dérouler dans la tristesse. »
Malgré l’existence des transactions électroniques, ces dernières peinent à pallier le manque de cash. Le déficit de confiance entre les citoyens et les commerçants freine l’adoption de ces solutions alternatives, rendant les échanges commerciaux de plus en plus complexes à l’approche de la fin du mois de jeûne.
Sona Sylla pour avenirguinee.org



