À Samoreya, dans la sous-préfecture de Damakania, préfecture de Kindia, un incendie d’origine suspecte a entièrement ravagé une plantation d’ananas appartenant à un jeune entrepreneur agricole, Boubacar Barry. Ce champ était le fruit de quatre années de travail acharné.
L’incendie s’est déclaré dans la soirée du samedi 03 janvier 2026, détruisant près d’un hectare de plantation. Selon les premières estimations, environ 90 % du champ a été consumé par les flammes.

Interrogé par notre reporter basé à Kindia, le propriétaire revient sur les circonstances dans lesquelles il a été informé de l’incident.
« C’est le samedi soir que la femme du gardien, à qui le champ a été confié mais qui n’était pas sur place, m’a appelé pour m’informer qu’un incendie s’était déclaré dans notre plantation. Elle s’est alors mobilisée avec d’autres personnes pour tenter d’éteindre le feu. De notre côté, nous avons immédiatement pris la route. À notre arrivée, près de 90 % du champ était déjà consumé.
Pour l’instant, nous n’avons aucune piste ni preuve formelle. Ce sont surtout des rumeurs qui circulent selon lesquelles des personnes auraient volontairement mis le feu, mais elles n’ont pas été identifiées. Moi, je n’étais pas sur place, j’étais à mon domicile en ville. Ceux qui étaient présents sur les lieux affirment que l’incendie ne peut pas être accidentel. Ils travaillaient dans le bas-fond, juste en contrebas, et il n’y avait aucun feu. Ils ont été surpris par la rapidité avec laquelle les flammes se sont propagées. C’est déjà le deuxième incendie en l’espace de trois semaines. »

Le champ comptait environ 23 000 pieds d’ananas, dont plus de 20 000 ont été détruits. Lors du premier incendie survenu sur un autre site, près de 35 000 pieds avaient déjà été ravagés. Malgré l’ampleur des pertes, Boubacar Barry affirme rester déterminé.
« Nous savons que derrière ces incendies, il y a souvent une motivation, un mobile, généralement pour nous pousser à quitter les lieux. Pourtant, ces terres nous appartiennent légalement, nous les avons acquises auprès des autorités coutumières et nous disposons des documents nécessaires. Jusqu’à présent, il n’y a eu aucun conflit autour de ces deux parcelles, qui ne sont d’ailleurs pas contiguës.» explique t-il
Face à la répétition des incendies, l’entrepreneur lance un appel pressant aux autorités. «J’interpelle les autorités locales, le gouvernement et surtout le président de la République, Mamadi Doumbouya, afin qu’il s’implique personnellement. Nous avons besoin de sécurité et d’un interlocuteur clair. Nous demandons à l’État de nous aider à accéder à des domaines agricoles aménagés, sécurisés et irrigués, même sous forme de bail ou de location. Aujourd’hui, les zones d’habitation, de pâturage et de culture sont mélangées, ce qui crée des tensions et des risques permanents. »

Cet incident ravive les inquiétudes liées à la sécurité des exploitations agricoles dans la région de Kindia. L’entrepreneur appelle à une vigilance accrue et à la mise en place de mesures préventives, notamment en période de forte chaleur, afin de limiter les risques d’incendie.
Depuis la ville des agrumes,
Naby Moussa Sylla pour Aveniguinee.org
621860137



