Le bailleur, la société WAF, a récemment a procédé à la fermeture des locaux du siège de Cellcom Guinée, situés à Kaloum en raison du non-paiement de plusieurs milliards de francs guinéens de loyers accumulés.
Conséquence : les travailleurs, empêchés d’accéder à leur lieu de travail, se retrouvent à la maison sans salaire depuis deux mois, et envisagent désormais une grève illimitée.
Ce jeudi 4 novembre 2025, la rédaction d’Avenirguinee.org a rencontré la section syndicale de l’entreprise afin de comprendre la situation.
Selon Alexandre Niambalamou, secrétaire général de la section syndicale de Cellcom Guinée, la crise ne date pas d’aujourd’hui.
« Cela remonte déjà à près de trois ans, depuis la reprise de la société par M. Mohamed Diallo, notre PCA. Avant, Cellcom payait les salaires par quinzaine. Mais un accord avait été trouvé pour payer les salaires à la fin de chaque mois, et la direction s’était engagée, par écrit, à payer avant le 25. Cet accord n’a jamais été respecté. »
Il poursuit : « Les salaires arrivaient parfois entre le 15 et le 20 du mois suivant. Plusieurs accords ont été signés, avec l’implication de la FESATEL, mais aucun n’a été respecté. Depuis notre installation en mars 2025 comme nouvelle section syndicale, la situation n’a fait qu’empirer. »
Le syndicat révèle également que les cotisations destinées à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) sont régulièrement prélevées sur les salaires, mais jamais reversées.
« Nous sommes en danger. Certains risquent de ne pas obtenir leur pension à la retraite. Des années de cotisations n’ont pas été versées à la caisse. »
À ce jour, les travailleurs réclament deux mois de salaire impayés, ceux d’octobre et de novembre. Plus de 200 employés sont concernés.
« Beaucoup sont pères de famille. Sans salaire, sans couverture médicale, comment soigner leurs enfants ? Comment payer les loyers ? La situation est extrêmement difficile. »
Pour le syndicat, l’État doit impérativement intervenir pour sauver l’entreprise.
« Si rien n’est fait, Cellcom risque de disparaître comme Intercel et Sotelgui. Ce serait un drame pour des travailleurs qui ont donné 15 à 17 ans de leur vie à l’entreprise. Cellcom a du potentiel, mais l’actuel propriétaire doit ouvrir le capital à de nouveaux investisseurs. »
Concernant la fermeture des locaux, le syndicat précise : « Le conflit entre la société et WAF ne concerne pas les travailleurs. Cela fait des années que Cellcom ne paie pas le loyer. WAF a décidé de fermer les locaux et a même engagé une procédure judiciaire. Mais ce problème ne devrait pas pénaliser les salariés. »
Le préavis de grève déposé par les syndicalistes arrive à expiration ce jeudi 4 décembre.
« Dès la reprise des activités, si rien n’est réglé, nous allons partir en grève illimitée, inchallah », a conclu le secrétaire général.
À suivre…
Ibrahima Sory Camara pour Avenirguinee.org
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