Dans le but de vulgariser le projet de la Nouvelle Constitution jusqu’aux zones les plus reculées du pays et de permettre à la population non alphabétisée de participer pleinement au référendum du 21 septembre 2025, l’Alliance Nationale pour la Nouvelle Constitution (ANC) a procédé ce mercredi 6 août 2025 à la remise officielle du document traduit en langues nationales.
Ces versions traduites concernent notamment l’ADLaM (écriture peule, conçue par les frères Barry) et le N’Ko (écriture mandingue, inventée par Solomana Kanté). Elles visent à faciliter l’accès au contenu du texte fondamental pour des millions de citoyens ne maîtrisant pas le français.
La cérémonie, présidée par le Directeur général de l’Alphabétisation, s’est tenue en présence de promoteurs des langues nationales, du représentant de la Primature, ainsi que du président de l’ANC, Mohamed Chérif, financier principal de cette initiative.
Dans son allocution, ce dernier a insisté sur la portée historique de l’événement : « Cet événement historique, que nous vivons aujourd’hui, marque un tournant majeur dans notre engagement commun pour la reconnaissance, la valorisation et la préservation de notre diversité linguistique et culturelle. […] En traduisant le projet de Nouvelle Constitution dans deux systèmes d’écriture endogènes, l’ADLaM et le N’Ko, nous réaffirmons que chaque Guinéen, quelle que soit sa langue maternelle, a le droit de comprendre, de s’approprier et de contribuer à la vie de la Nation. »
Selon lui, cette initiative, soutenue par le Forum des Jeunes Africains pour la Promotion de l’Union Africaine, s’inscrit dans une vision démocratique basée sur l’inclusion, la participation et la transparence.
Il ajoute : « Remettre aujourd’hui ces 6 000 exemplaires, c’est non seulement poser un acte de justice linguistique, un plaidoyer pour une valorisation des langues nationales, mais aussi renforcer le lien entre la Constitution et le peuple. »
En conclusion, Mohamed Chérif a salué le travail des acteurs engagés : « Je tiens à saluer le travail remarquable des traducteurs, linguistes, pédagogues et militants culturels […] Cette cérémonie n’est pas une fin, mais un point de départ. Elle nous appelle à continuer de décentraliser la parole constitutionnelle, à multiplier les efforts de vulgarisation, et à faire en sorte que chaque citoyen, dans chaque région, puisse être acteur du changement institutionnel en cours. »
Présent à la cérémonie, le président de l’écriture N’Ko, Moussa Balandougou Diallo, s’est dit satisfait de la démarche :« La Nouvelle Constitution traduite en N’Ko sera remise aux bénéficiaires que nous sommes. Nous vous rassurons qu’elle sera utilisée à bon escient, de manière très efficace et efficiente. […] Il y a plus de 10 000 lecteurs à l’intérieur du pays qui attendent cette version pour une large vulgarisation. »
Il a aussi adressé ses remerciements à l’ANC et au ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, pour avoir pris en compte les plaidoyers formulés en faveur des langues nationales.
De son côté, le président d’ADLaM Guinée, Dr Mamadou Sounisy Diallo, a insisté sur l’importance de la reconnaissance officielle des écritures endogènes :« Aujourd’hui, écrire la Constitution dans ces écritures est une œuvre de soulagement, une preuve éloquente que nous pouvons, si nous voulons et si nous sommes soutenus. […] Nous plaidons pour la création d’une Académie des langues maternelles, absente en Guinée, mais présente dans d’autres pays de la région. »
Il a également appelé à une reconnaissance légale de ces systèmes d’écriture comme patrimoine immatériel national, en vue d’une éventuelle reconnaissance par l’UNESCO.
La rencontre s’est clôturée par la remise officielle des exemplaires traduits, qui seront distribués à l’intérieur du pays dans le cadre d’une campagne de vulgarisation massive de la Nouvelle Constitution.
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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