Dix mois après l’investiture du Président de la République, le décret portant sur les sénatoriales et l’élection des conseils régionaux, prévu par la nouvelle Constitution, sera mis en œuvre dans les prochains mois, d’après un décret présidentiel lu à la télévision nationale ce lundi 12 octobre.
Joint au téléphone ce mardi 13 octobre, l’honorable Aboubacar Soumah, coordinateur national de l’Alliance des Forces Patriotiques (AFP), s’est exprimé sur la question : « J’avoue que j’ai d’abord un sentiment de satisfaction, parce que depuis que la République de Guinée est entrée dans une véritable démocratie à partir des années 90, le conseil régional a toujours été prévu par nos lois, ici en Guinée. Mais cela n’a jamais eu lieu, il n’a jamais été installé. Si cette fois-ci, le général Mamadi Doumbouya tient à achever l’installation de toutes les institutions de la République, c’est un grand motif de satisfaction. Dans tous les pays du monde, il y a la mairie centrale. Si vous allez à Dakar, il y a le maire central, partout il y a le maire central, sauf en Guinée », a-t-il indiqué.
Poursuivant son intervention, l’homme politique a défini les objectifs des élections sénatoriales :
« Le Sénat, c’est la seconde chambre. C’est pourquoi le Parlement guinéen est désormais bicaméral. Les lois et les dispositions prises par les députés doivent être vérifiées, corrigées et amendées par les sénateurs qui connaissent parfaitement les coutumes et les réalités de la Guinée, et qui ont de l’expérience. C’est ça, le Sénat. »
Interrogé sur une éventuelle candidature, l’ancien député a expliqué la procédure de vote, tout en rappelant que celle-ci ne repose pas sur le suffrage universel direct : « Ce que certains ne comprennent pas tout à fait concernant le Sénat et les régions, c’est que ce n’est pas une élection au sens habituel, où l’on va installer des urnes et où tout le monde vote. C’est un scrutin au sein des conseils communaux déjà élus et installés. À leur tour, ils désigneront les conseillers et l’exécutif régional, puis désigneront les deux tiers (2/3) des sénateurs, tandis que le tiers (1/3) restant sera nommé par le Président de la République. Voilà le processus. Maintenant, être candidat ou ne pas l’être dépendra du choix de ceux qui doivent désigner les personnes appelées à servir à ces niveaux. », a-t-il précisé.
Depuis son accession à l’indépendance, la Guinée a toujours fonctionné sans Sénat. La véritable question est désormais de savoir si le pays saura tirer profit de cette innovation institutionnelle et si sa mise en place répondra aux attentes des citoyens.
Sona Sylla pour Avenirguinee.org



