L’annonce de la création d’une Direction Générale des Élections, en date du 14 juin, sur la télévision nationale, continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive, notamment au sein de la classe politique guinéenne.
Rencontré mercredi 18 juin par la rédaction d’Avenirguinee, Dr Zotomou, président du parti UDRP et l’un des vice-présidents de l’ANAD, n’a pas mâché ses mots : « (…) Les partis politiques n’ont pas été invités. Alors qu’une transition générale, elle finit avec des élections. Et quand il y a des élections, il faut bien que les partis politiques soient là parce que ce sont des acteurs majeurs. Alors, quand on les laisse de côté, on crée une structure comme ça. C’est comme si on imposait quelque chose. Alors ça ne semble pas très démocratique. Une sorte d’agenda qui se cache justement derrière l’action », dit-il d’entrée.
Et d’ajouter, « À l’heure actuelle, personne ne sait effectivement où on est en train d’aller avec ça. Nous pensons que ça ne donne pas l’impression de la présence d’une transparence dans le processus. Surtout dans un pays où toutes les institutions administratives sont militarisées. »
Dr Pogomou poursuit dans la même pensée critique : « Nous, nous avons dit à l’entame que ça cache beaucoup de non-dits et que la confiance, en réalité, n’existe pas.
À l’état actuel, on ne peut pas prendre le ministère de l’Administration du Territoire, qui est complètement féodé à la junte, parce que c’est elle qui a mis en place cette structure administrative, qui, à son tour, va nommer, coiffer les gouverneurs de région, les préfets, les sous-préfets, jusqu’à étaler ça au niveau des délégations spéciales, voire les représentants des conseils de quartier.
Dans la structure administrative, le MATD, tout dernièrement, avait créé les Directions préfectorales des élections dans toutes les préfectures. Tout ça, ça montre que la junte est en train de tout préparer pour avoir une mainmise sur tout le processus. Nous avions pensé qu’il fallait mieux simplement sortir et dire que nous allons rester au pouvoir, au lieu de faire semblant d’organiser des élections,
parce que les résultats ne vont pas traduire effectivement le vouloir ou les vœux du peuple en entier », a-t-il souligné.
Et de conclure, « puisqu’on dit ‘mieux vaut tard que jamais’, nous espérons que le Général reviendra à de meilleurs sentiments en respectant sa parole, et ne pas écouter ces mouvements de soutien qui veulent le pousser à une éventuelle candidature », a-t-il conclu.
Sona Sylla pour Avenirguinee.org
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