Comme annoncé dans l’un de nos précédents articles-Un train appartenant à la société RUSAL, en partance pour Fria, a déraillé dans la nuit du mardi à mercredi 15 mai 2025, aux environs de 2 heures du matin. Cet accident, qui n’a heureusement causé aucune perte en vies humaines, a toutefois engendré d’importants dégâts matériels, notamment la destruction de plusieurs « pacats » (abris de fortune) dans lesquels des femmes stockaient leurs sacs de charbon à proximité des rails.
Le chef de quartier de Kakimbo Rail, Ousmane Chérif Bangoura, a déploré le manque de responsabilité de la société ferroviaire dans la gestion du trafic.
« J’ai été contacté par un de mes citoyens qui m’a informé qu’un accident de train s’était produit entre mon quartier et celui de Ratoma-Centre. Je me suis immédiatement rendu sur les lieux pour constater les faits. D’après les informations recueillies, un camion remontait d’un côté pendant qu’un train arrivait de l’autre. C’est au carrefour qu’a eu lieu la collision entre les deux véhicules. Je pense qu’il y a eu négligence de la part de la société ferroviaire. Normalement, à chaque carrefour, elle devrait déployer des agents de sécurité pour signaler l’arrivée du train aux usagers, mais ici, il n’y avait personne. C’est en grande partie ce manque de vigilance qui a causé l’accident », dit-il.
Et d’ajouter, » Nous avons également constaté que le train s’est renversé sur plusieurs pacats où des femmes vendaient du charbon de bois, causant d’importants dégâts. Depuis mon arrivée à la tête de ce quartier, je me bats pour libérer les emprises ferroviaires, mais la gestion à la base n’est pas facile. Dès qu’on déloge les occupants, ils reviennent. C’est un combat permanent. »
Mariama Djouldé Diallo, vendeuse de charbon de bois, fait partie des victimes.
« L’accident s’est produit quelques minutes à peine après que j’ai quitté mon pacat où je vends du charbon et d’autres marchandises. Ce que nous demandons aujourd’hui, c’est que la société nous rembourse nos biens détruits. Mon pacat était rempli de sacs de charbon dont je ne connais même pas le nombre exact. Tout a été écrasé par le train. Certes, on nous a plusieurs fois demandé de quitter les lieux et nous avons refusé, mais cette fois-ci, nous allons partir. Cependant, la société doit nous aider à récupérer au moins une partie de nos pertes. »
Cécile Théa, une autre victime, témoigne également : « J’avais un pacat de stockage ici. Beaucoup de mes affaires ont été détruites. On nous avait sensibilisées pour quitter, mais on n’a pas d’autres endroits où aller. C’est ce commerce qui nous permet de nourrir nos familles. Après ce que j’ai vu hier, j’ai décidé de ne plus m’installer ici, même jusqu’à la fin de ma vie. Mais nous demandons à la société de nous aider à récupérer nos marchandises perdues, car le train s’est renversé directement sur nos biens. »

Au moment où nous quittions les lieux, une équipe de la société Rusal s’était rendue sur les lieux pour constater les dégâts.
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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