Chaque année, le 8 mars, l’humanité célèbre la Journée Internationale des Droits des Femmes. Cette journée est dédiée à l’expression des revendications des femmes et à la défense de leurs causes. Cette année, la fête coïncidera avec le mois de Ramadan. Pour en savoir davantage sur leurs attentes en prélude à cette journée, notre rédaction a rencontré, ce mardi 04 mars 2025, l’ancienne ministre, ancienne 1ère vice-présidente de l’Assemblée Nationale et ancienne vice-présidente de la Fédération Guinéenne de Football (FEGUIFOOT). Avec elle, nous avons abordé plusieurs questions liées à la défense des femmes, en particulier celles de la Guinée. Interview…
Je suis Dr Zalikatou Diallo, ancienne ministre de la Guinée, ancienne 1ère vice-présidente de l’Assemblée Nationale et ancienne vice-présidente de la Fédération Guinéenne de Football (FEGUIFOOT).
1-Avenirguinee : Nous sommes à quelques jours de la célébration de la fête du 8 mars 2025. Qu’est-ce que le 8 mars représente pour vous ?
Dr Zalikatou Diallo : Merci pour l’opportunité de m’exprimer sur la question des femmes, notamment à l’occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes. Le 8 mars est une date mémorable, importante pour la défense des droits des femmes et le combat qu’elles mènent à travers le monde depuis des décennies pour leur épanouissement, leur promotion et leur autonomisation. Cette journée, depuis qu’elle a été rendue officielle par les Nations Unies en 1977, doit permettre aux femmes de faire un bilan de leur combat, d’évaluer leurs forces et leurs faiblesses, et d’affiner des stratégies pour continuer à avancer. C’est une journée pour souligner l’importance de pérenniser les acquis et poursuivre le combat jusqu’à l’atteinte des résultats escomptés.
2-Selon vous, comment cette date doit-elle être célébrée par les femmes du monde en général et celles de la Guinée en particulier ?
Le 8 mars devrait être une occasion d’évaluer les actions menées tout au long de l’année, de se féliciter des avancées, mais aussi de se concentrer sur les défis à relever. Il s’agit de se retrouver pour dresser un état des lieux, identifier nos forces et faiblesses, et élaborer de nouvelles stratégies. La solidarité et la synergie d’action entre les femmes sont primordiales. Lorsque nous agissons ensemble, nous avons plus de chances de réussir et d’obtenir des résultats probants.
3-Vous parlez de combat. De quel combat s’agit-il ?
Le combat, c’est tout ce que nous devons entreprendre pour évoluer dans tous les domaines de la vie, qu’il s’agisse du commerce, de l’éducation, de l’administration ou même des tâches ménagères. Chaque femme doit œuvrer dans son domaine pour obtenir des résultats qui améliorent sa vie et celle de sa famille. Il est essentiel que les femmes puissent subvenir à leurs besoins, garantir l’éducation de leurs enfants, et accéder à des positions de décision pour favoriser l’autonomisation. Peu importe le domaine, chaque femme doit s’investir pleinement pour atteindre une vie digne et indépendante.
4-Quels messages souhaitez-vous transmettre pour encourager les femmes dans ces différents domaines ?
Je leur recommande de persévérer. L’effort paye toujours. Il est crucial de maintenir les filles à l’école et de les encourager à poursuivre un cursus académique complet. L’autonomisation passe par l’éducation et le travail acharné. Je les invite aussi à s’intéresser à la politique. Si nous voulons avoir plus de femmes dans les instances de décision, il faut que les femmes s’engagent en politique, non pas seulement comme animatrices, mais comme leaders capables de prendre des décisions. Les femmes et les hommes se complètent et ensemble, ils peuvent bâtir une société prospère.
5-Selon vous, quel est l’état des lieux du respect des droits des femmes en Guinée ?
Il y a des avancées significatives, notamment en matière de scolarisation des filles. Cependant, des défis majeurs demeurent, en particulier les violences basées sur le genre, comme les viols et les mutilations génitales féminines, qui continuent d’affecter de nombreuses femmes. Les lois existent, mais il est crucial de renforcer leur mise en œuvre. Les violations de l’intégrité physique et morale des femmes sont encore trop fréquentes, et il est impératif de sensibiliser davantage les citoyens et de réprimer ceux qui commettent ces actes.
6-Vous êtes une femme leader dans ce pays, ancienne ministre, vice-présidente de l’Assemblée Nationale et vice-présidente de la FEGUIFOOT. Comment avez-vous réussi à allier vie de famille et responsabilités professionnelles ?
Il n’y a pas de secret, c’est une question de volonté et de planification. Lorsqu’on a la passion de servir son pays, on trouve les moyens d’y parvenir. J’ai toujours cherché à me planifier. Quand mes enfants étaient plus jeunes, j’ai consacré beaucoup de temps à ma famille. Une fois qu’ils ont grandi et sont devenus plus autonomes, j’ai pu me consacrer pleinement à mes responsabilités professionnelles et sociales. J’ai aussi eu la chance d’avoir un époux qui me soutient dans toutes mes démarches. La planification est essentielle pour mener de front la vie de famille et les responsabilités professionnelles.
7-Depuis toutes ces années, on vous dit que vous êtes une militante fervente des droits des femmes et des filles. Qu’est-ce qui vous motive dans cette lutte ?
Je suis motivée par la volonté de lutter contre la discrimination qui touche les femmes, non seulement en Guinée, mais partout dans le monde. J’ai écrit plusieurs livres pour sensibiliser sur les droits des femmes, notamment sur les mutilations génitales féminines. Mon expérience personnelle, en tant que médecin et victime de cette pratique, m’a poussé à briser le silence. À travers mes écrits et mes actions, je m’efforce de faire avancer la cause des femmes et de sensibiliser les gens à la gravité de ces pratiques.
8-Quel message souhaitez-vous adresser aux femmes de Guinée à l’occasion de cette fête du 8 mars, qui coïncide cette année avec le mois de Ramadan ?
Je souhaite à toutes les femmes de Guinée, d’Afrique et du monde entier une très belle journée du 8 mars.
Cette journée doit être l’occasion de faire le bilan des progrès réalisés, de définir les défis à relever et de continuer le combat pour l’autonomisation des femmes. La lutte est difficile, mais c’est à force d’efforts que nous atteindrons nos objectifs. Je souhaite que chaque femme continue à se battre pour ses droits, car c’est ainsi que nous pourrons faire avancer nos sociétés.
Entretien réalisé par Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org



