À Conakry, la vente de carburant sur le marché noir est devenue une activité récurrente, principalement pratiquée par des femmes, souvent en situation de précarité. Ces femmes se rendent dans les stations-service pour acheter de l’essence qu’elles revendent ensuite afin de subvenir aux besoins de leur famille. Cependant, cette pratique soulève de nombreuses inquiétudes, car ces vendeuses sont confrontées à d’énormes difficultés, notamment avec les pompistes qui leur soustraient des litres de carburant lors des opérations de remplissage. Une situation que ces femmes subissent quotidiennement.
Le jeudi 20 février 2025, notre rédaction a rencontré ces femmes, qui témoignent des réalités difficiles auxquelles elles font face dans leur travail.
Selon Kadiatou Bah, vendeuse de carburant à Sangoyah, « Nous savons que ce n’est pas un travail idéal, mais nous n’avons pas d’autre choix pour nourrir nos familles. C’est pourquoi nous sommes dans ce métier de vente de carburant. Nos maris ne travaillent pas. Pour ma part, j’ai plus de sept enfants à nourrir, et mon mari est décédé. C’est le seul métier que je connais. »
Concernant leurs difficultés, cette veuve nous a expliqué qu’elle rencontre de nombreux problèmes dans les stations-service où elle se procure du carburant. « Nos problèmes sont multiples. Quand on se rend à la station pour obtenir un bidon d’essence, c’est déjà difficile, et en plus, quand on paye pour 25 litres, parfois les pompistes ne nous en mettent que 19 ou 20. Mais on ne peut rien dire sur le moment, sauf quand on termine de vendre et qu’on se rend compte qu’on a perdu de l’argent. Mais il n’y a rien à faire. Les autorités doivent regarder cette situation et nous aider », a-t-elle dénoncé.
Concernant les prix, elle a précisé : « Nous achetons un bidon de 25 litres à 240 000 FG, parfois un peu plus. C’est pourquoi nous revendons à 13 000 FG le litre, ce qui nous permet de dégager 1 000 FG de bénéfice. Ce petit gain nous aide à soutenir nos maris. Mais il y a aussi un problème de monnaie. Les clients viennent souvent avec de gros billets, et si on n’a pas de petites coupures de 1 000 FG, on est obligé de sacrifier notre bénéfice. L’État doit nous aider à obtenir ces petites coupures. »
Une autre vendeuse de carburant, qui a préféré rester anonyme, a ajouté : « Hier, je suis allée acheter cinq bidons d’essence, mais il y avait beaucoup de manques. Après avoir fini de vendre, j’ai dû encore ajouter un peu d’argent pour racheter de l’essence. Cela montre que les pompistes nous retirent des litres d’essence, ce qui n’est pas acceptable pour nous. »
Toutes nos tentatives pour obtenir la version d’un pompiste sont restées infructueuses.
Sékou Camara pour avenirguinee.org



