Le 3 février 2025, le quartier Koulewondy, à Conakry, a été le théâtre d’une tragédie au centre de santé de Koulewondy, où un citoyen du nom d’Amadou Bah a perdu son bébé quelques heures après sa naissance. Le père accuse les sages-femmes de cette structure de santé de négligence professionnelle, ce qui aurait conduit à la mort de son enfant.
Dans son témoignage, Amadou Bah raconte les événements qui se sont déroulés ce jour-là. « À 10h, ma femme a appelé la sage-femme qui la suivait, et cette dernière lui a conseillé de se rendre à la maternité. À son arrivée, ma femme n’a pas trouvé la sage-femme en question surplace, mais elle avait donné des consignes aux autres sages-femmes de s’occuper d’elle. Elles ont fait entrer ma femme dans la salle d’accouchement et je suis resté à l’extérieur. Quelques minutes après, je me suis approché du couloir, mais je n’ai pas entendu le bruit de l’enfant. C’est alors qu’une des sages-femmes est venue me voir pour me dire qu’il y avait un problème, mais elle tâtonnait et je ne comprenais rien. Entre temps, la sage-femme que nous avions appelée est arrivée et est entrée dans la salle d’accouchement. Là, j’ai entendu des bruits. Puis, elle est sortie pour m’expliquer que l’enfant était tombé dans un petit panier dans la salle d’accouchement et avait ingéré de l’eau. Heureusement, elle a pu le faire vomir. J’ai voulu croire que tout allait bien, mais arrivée à la maison, ma femme a constaté des traces sur le corps du bébé, et m’a dit que les ongles d’une des sages-femmes avaient blessé l’enfant. Au début, je ne voulais pas y croire, mais en effet, il semblait que l’enfant était tombé. Finalement, il ne se portait pas bien et est décédé dans la soirée, vers 19h. »
Interrogé sur la possibilité de porter plainte, Amadou Bah a indiqué qu’il ne souhaitait pas entamer de démarche judiciaire. « L’imam est venu me demander de laisser tomber, et mes beaux-parents m’ont conseillé de faire de même. Cependant, j’appelle les autorités à prendre des mesures afin d’éviter que de tels incidents ne se reproduisent », a-t-il précisé.
Ce drame relance le débat sur la négligence et l’incompétence des agents de santé en Guinée. Les plaintes concernant des erreurs médicales et des négligences professionnelles ne sont pas rares, mais malheureusement, les sanctions restent souvent insuffisantes, ce qui alimente le sentiment d’impunité dans le secteur.
Mohamed Cissé pour avenirguinee.org



