La lutte contre la Mutilation Génitale Féminine (MGF) en Guinée reste un défi majeur, tant sur le plan national qu’international. Ce mercredi 19 janvier 2025, lors d’une cérémonie dédiée à cette lutte à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, notre rédaction a interrogé l’ex-ministre de l’Éducation du régime feu Général Lansana Conté, Hadja Aicha Bah, sur cette problématique.
À la sortie de cette rencontre, l’ex-ministre de l’Éducation nationale sous le régime de Lansana Conté (1996) a partagé son point de vue sur la pratique de l’excision.
« Moi, je souhaiterais que toutes les jeunes filles mènent une campagne pour expliquer à leurs mères, tantes et pères que l’excision est une calamité, une violence faite aux femmes. Ce n’est pas une pratique religieuse, aucune religion n’exige l’excision des filles. Alors pourquoi les exciser ? On dit que c’est la tradition, mais ce n’est pas la tradition. Il faut expliquer aux femmes. Une fois qu’elles sauront que c’est dangereux, et qu’on expliquera aux pères les risques encourus, je suis certaine que cela cessera », a déclaré Hadja Aicha Bah.
Interrogée sur la facilité de ce combat, l’ex-ministre a précisé : « Oui, je pense qu’il faut oser en parler, il faut expliquer. Certaines personnes ont peur et considèrent ce sujet comme un tabou. Il ne faut pas avoir peur de dire la vérité. Il faut expliquer, sensibiliser. Il ne faut pas menacer, car la menace ne sert à rien. Il suffit d’expliquer, de montrer les dangers de l’excision. Mais je vous assure, si les parents connaissent les dangers, ils ne pratiqueront pas l’excision. Il faut donc en parler. »
Quant à l’ex-premier ministre Ahmed Tiane Souaré, il a souligné : « C’est possible, on a beaucoup progressé. Ce sont des phénomènes traditionnels, parfois profondément ancrés dans nos sociétés, qui nécessitent des combats plus intenses et durables. »
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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