À peine rentré au pays après quelques jours de congé à l’étranger, le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, a officialisé la création de l’Agence de la Maîtrise de l’Énergie (AME) à travers le décret n°0239/PRG/SGG. Cette nouvelle entité vient fixer les attributions, l’organisation et le fonctionnement de cette structure stratégique.
Interrogé ce lundi 17 août 2026 par notre rédaction, le Président de la Coalition Nationale des Organisations de la Société Civile Guinéenne (CONASOC), Moussa Sangaré, livre son analyse sur cette initiative présidentielle en plein contexte de crise énergétique.
Pour le leader de la CONASOC, la naissance de l’AME traduit une volonté au plus haut sommet de l’État de corriger les faiblesses du secteur : « Je me dis que le Chef de l’État est la personne la mieux renseignée du pays. Si l’on met en place de nouvelles structures, c’est pour améliorer l’existant. Lorsqu’une entité est en place depuis longtemps sans produire d’effets probants, le Président crée d’autres organes pour la contrôler ou la renforcer. Ces derniers temps, nous constatons de nombreuses coupures d’électricité. Cela signifie que le Chef de l’État estime que l’équipe actuelle a besoin d’appui. Cette initiative est donc une excellente chose, car aujourd’hui, l’électricité est devenue essentielle : 80 % des activités en dépendent. Si une structure vient renforcer le secteur, nous ne pouvons que nous en réjouir. L’équipe en place travaille certes, mais il y a des manques que la nouvelle agence vient corriger. Nous attendons d’en voir les effets : si sa création permet de réduire les délestages et d’offrir du courant à tous, nous dirons que la mesure était excellente. Dans le cas contraire, il faudra revoir toute la chaîne et prendre les mesures appropriées pour garantir l’électricité à la population dans les meilleures conditions. »
Bien qu’encourageant cette démarche, Moussa Sangaré préfère adopter une posture d’observateur quant aux retombées concrètes sur le quotidien des citoyens : « Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs, observons d’abord. S’il y a des améliorations, nous serons les premiers à applaudir et à féliciter cette initiative. Nous pourrons même demander au Chef de l’État de faire de même dans d’autres secteurs clés comme l’eau ou l’assainissement. Si tel n’est pas le cas, nous dirons qu’il faut revoir totalement la structure. À l’instant T, on ne peut pas juger une entité qui n’est pas encore opérationnelle ni prédire ce qu’elle fera. Les résultats parleront d’eux-mêmes. »
Sur le plan juridique et institutionnel, l’AME est un Établissement Public Administratif (EPA) doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Placée sous la tutelle technique du ministère de l’Énergie et sous la tutelle financière du ministère des Finances, sa mission principale est de piloter et de mettre en œuvre la politique nationale d’efficacité énergétique une urgence devenue capitale dans le contexte socio-économique guinéen.
Ibrahima Sory Camara Pour Avenirguinee.org
621 26 99 81



