En dépit du lancement officiel des travaux de réhabilitation, la route nationale reliant Labé à Mamou est devenue un véritable parcours du combattant. Entre déviations chaotiques, bourbiers et embouteillages interminables, les transporteurs tirent la sonnette d’alarme et appellent l’État à accélérer le chantier.
Sur cet axe stratégique d’environ 150 kilomètres reliant la Moyenne-Guinée à la capitale Conakry, l’hivernage met une nouvelle fois les nerfs des usagers à rude épreuve. À la gare routière du quartier Kouroula, à Conakry, la colère et l’épuisement se lisent sur le visage des conducteurs.
« Notre principale difficulté, c’est l’état de la route. Même si les travaux avancent un peu, nous sommes obligés de nous débrouiller pour rejoindre Conakry », confie Thierno Souleymane Bah, chauffeur sur la ligne.
Le constat est alarmant : dans les zones à forte densité de boue, de longues files d’attente se forment, immobilisant les usagers pendant de longues heures. Si du gravier a bien été déposé sur certaines déviations, il s’avère impraticable pour les petits véhicules, accentuant les risques de paralysie totale.
Désormais, il faut compter près de six heures pour parcourir la seule distance entre Labé et Mamou. Face à cette dégradation, la réticence gagne le secteur : plusieurs chauffeurs refusent désormais de s’engager sur cet itinéraire.
Pour les véhicules légers, le passage des poids lourds après les averses transforme les déviations en de véritables pièges gluants.
Mamadou Alpha Bah, également chauffeur sur l’axe, témoigne des conditions extrêmes de circulation :
Nids-de-poule profonds sur une chaussée fortement dégradée ;
Accumulation de boue rendant toute progression impossible ;
Temps d’attente forcé pour que la piste sèche après le passage des gros porteurs.
Du côté du syndicat des transports et de la mécanique générale (CNTG) de Labé, l’inquiétude est tout aussi vive. Le secrétaire régional pointe directement du doigt l’aménagement défaillant des déviations provisoires qui asphyxient le trafic.
Tout en demandant une intervention urgente des pouvoirs publics pour sécuriser l’axe, le responsable syndical lance un appel à la responsabilité des usagers : « J’invite les chauffeurs à faire preuve de prudence et de responsabilité lorsque la circulation est bloquée. Il faut rester patients, attendre que la circulation soit rétablie et poursuivre ensuite son chemin dans le calme. »
Cette situation critique intervient pourtant quelques mois après la pose symbolique de la première pierre du projet de bitumage par le Premier ministre Amadou Oury Bah.
Si le lancement du chantier avait suscité un élan d’espoir, la réalité du terrain en cette période de fortes pluies rappelle l’urgence d’une exécution rapide. Pour les transporteurs et les usagers de cet axe économique majeur, l’attente a assez duré : l’accélération des travaux n’est plus une option, mais une nécessité absolue.
De Labé, Bela Barry Pour Avenirguinee.org



