Après les inondations meurtrières de l’année dernière en Guinée, c’est désormais le phénomène de la foudre qui inquiète au plus haut point. En l’espace du seul mois de juillet 2026, au moins neuf personnes ont perdu la vie après avoir été foudroyées. Ce phénomène naturel a pris cette année une proportion très préoccupante, le dernier cas en date étant celui de deux enfants tués mardi dernier à Lola.
Dans une interview accordée à notre rédaction ce jeudi 30 juillet 2026, le directeur général de l’Agence Nationale de la Météorologie, Dr René Tato Loua, est revenu sur les causes de cette recrudescence et les mesures de prévention à adopter.
« C’est avec tristesse que nous avons appris le décès d’environ neuf Guinéens au cours de ce mois de juillet par la foudre. Que leurs âmes reposent en paix. La foudre et les orages font partie des risques liés aux phénomènes météorologiques extrêmes. Il s’agit d’électricité atmosphérique qui se produit principalement entre deux masses nuageuses de signes contraires. Quand cette décharge se dirige vers la surface terrestre, tout conducteur sur son chemin est traversé. Si une personne se retrouve dans son champ d’action, elle se fait foudroyer », explique-t-il.
Interrogé sur le taux particulièrement élevé de victimes cette année, le directeur général pointe du doigt les effets du dérèglement climatique mondial, mais aussi la vulnérabilité accrue des zones rurales à l’intérieur du pays.
Selon Dr René Tato Loua, les zones urbaines bénéficient indirectement de certaines protections métalliques (pylônes, paratonnerres sur les lignes électriques et grands bâtiments) qui absorbent une partie des décharges, contrairement aux campagnes : « En rase campagne, nous utilisons des objets électroniques sans aucune protection ni paratonnerre. De plus, nos études montrent que la fréquence des orages est particulièrement élevée en Basse-Guinée et en Guinée Forestière », souligne-t-il.
Face à ce danger mortel, le directeur général de l’Agence Nationale de la Météorologie appelle à la plus grande vigilance et rappelle quelques règles de sécurité indispensables :
- Éviter de courir ou de marcher à grands pas : « S’il faut absolument se déplacer, il est recommandé de garder les pieds serrés ou de sauter à pieds joints pour ne pas créer de point d’entrée et de sortie pour le courant électrique. »
- Ne pas s’abriter sous un arbre : Un arbre isolé constitue une cible privilégiée pour la foudre.
- Éviter les cours d’eau et les zones inondées : L’eau de ruissellement est un puissant conducteur d’électricité.
- Éloigner les objets métalliques : Les outils agricoles (dabas, machettes) ou bijoux métalliques augmentent considérablement les risques d’attirer la décharge.
Concernant l’usage du téléphone portable sous la pluie, le directeur précise que même si les appareils modernes possèdent des protections internes, l’environnement extérieur et la présence d’eau peuvent annuler cette protection et exposer directement l’utilisateur.
Pour faire face durablement à cette menace, le directeur général préconise l’installation d’équipements de protection adéquats dans les villages et les zones minières, la Guinée présentant un sol très riche en minerais, ce qui accentue la conductivité de la foudre.
En attendant le déploiement de paratonnerres à plus grande échelle, la Météo nationale continue de renforcer son système d’alerte précoce pour avertir la population via les autorités locales et les médias en cas de risques d’orages violents.
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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