Le 12 mai 2026, l’Hôtel Kaloum de Conakry accueillait la finale de la toute première édition du Concours Universitaire de l’Entrepreneuriat de Guinée (CUEG). Porté par le média d’information avenirguinee.org sous le concept fort « L’Avenir, c’est Nous », l’événement a réuni plus de 500 participants : étudiants, encadrants universitaires, entrepreneurs modèles, membres du gouvernement (dont la cheffe de cabinet du ministère de l’Enseignement Supérieur, la Professeure Fanta Touré), ainsi que des partenaires techniques et financiers, à l’instar de l’Ambassadeur de France en Guinée.
Sur les huit candidats issus de huit institutions d’enseignement supérieur du pays, trois se sont distingués par la pertinence de leur projet et l’éloquence de leur présentation.
Deux mois après son sacre historique où elle a décroché le prestigieux Grand Prix avec son projet technologique « Securi Sense », Diaka Condé, étudiante en Licence 2 Génie Informatique à l’Université Mahatma Gandhi, a été accueillie ce jeudi 9 juillet 2026 dans les locaux d’avenirguinee pour une interview exclusive. Entretien sans filtre sur l’après-concours, l’impact sur sa vie et les perspectives de son innovation.
« Ce concours m’a permis d’avoir plus de confiance en mes capacités »
Avenirguinee : Deux mois après avoir remporté le Grand Prix du CUEG, quel regard portez-vous sur cette expérience et quel a été son impact immédiat sur vous et sur votre projet ?
Diaka Condé : Je tiens tout d’abord à remercier sincèrement l’équipe d’avenirguinee pour cette initiative incroyable. Ce concours a eu un impact extrêmement positif sur moi. Sur le plan personnel, il m’a permis d’acquérir une bien plus grande confiance en mes capacités et de me frotter à d’autres jeunes guinéens extrêmement talentueux.
Sur le plan professionnel, pour notre projet « Securi Sense », l’impact s’est d’abord traduit par une immense visibilité. De plus, grâce au prix que nous avons décroché, nous avons pu faire l’acquisition de quelques équipements et matériels technologiques essentiels pour avancer, même si cela reste encore insuffisant pour nos ambitions globales.
Comment ce sacre national a-t-il été perçu au sein de votre université ?
Diaka Condé : À l’Université Mahatma Gandhi, le prix a été accueilli à grande pompe ! Ce fut un véritable moment de communion et de joie intense pour le fondateur, le recteur, les encadrants et l’ensemble des étudiants. Porter haut les couleurs de notre institution a été un honneur et une immense fierté pour toute notre communauté universitaire.
Si vous deviez évaluer l’organisation globale de cette première édition, quelle note attribueriez-vous aux organisateurs ?
Diaka Condé : Sans hésiter, j’attribue une note de 10/10 aux organisateurs. Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître. L’ampleur qu’a pris l’événement, la rigueur de l’organisation et l’impact généré sont remarquables. Les organisateurs ont placé la barre très haut dès le départ. C’est une dynamique d’excellence qu’il faut absolument encourager et soutenir pour l’avenir de la jeunesse guinéenne.
Le palmarès de la finale du CUEG 2026 :
Le jury, particulièrement exigeant, a rendu son verdict en évaluant la viabilité économique, le caractère innovant et l’impact social des projets présentés :
· 1ère Place (Grand Prix) : Securi Sense (Université Mahatma Gandhi) – Porté par Diaka Condé.
· 2ème Place : Recycl’Innov (Université de Kindia) – Projet axé sur l’économie circulaire
· 3ème Place : V Midia – Solution à fort impact local
Pour mener « Securi Sense » à son terme et passer de la phase de prototype à une commercialisation à grande échelle, quels sont vos besoins actuels ?
Diaka Condé : Je lance un appel pressant et chaleureux auprès de l’ensemble des investisseurs, qu’ils soient nationaux ou internationaux. On peut avoir la meilleure idée du monde, mais pour passer de l’idéalisation à la concrétisation matérielle et industrielle, il faut des fonds. En tant qu’étudiants, mon équipe et moi-même faisons face à des limites financières évidentes, ce qui complique la suite de l’aventure.
Nous demandons aux investisseurs de nous faire confiance, de croire en l’expertise technologique locale. Investir sur nous, c’est nous donner les moyens d’apporter des solutions concrètes qui aideront, à notre tour, les populations guinéennes et contribueront au développement socio-économique de notre nation.
Merci Diaka
Merci Avenirguinee
Pour la prochaine édition prévue en 2027, les organisateurs affichent déjà des ambitions grandioses : doubler le nombre d’institutions participantes en faisant concourir 16 universités issues de tout le pays, afin de continuer à célébrer et vulgariser le génie créateur de la jeunesse guinéenne.
Sona Sylla pour avenirguinee.org



