L’inquiétude grandit de jour en jour pour les proches d’Ibrahima Zakaria Touré. Plus de cinq jours après son arrestation musclée à son domicile, la famille est toujours plongée dans le flou total. Interrogé par la rédaction d’avenirguinee.org ce samedi 11 juillet, Me Almamy Traoré, avocat de la famille, fait le point sur l’évolution du dossier et annonce des actions judiciaires d’envergure.
Pour le conseil de la famille, la procédure employée s’apparente purement et simplement à un enlèvement. Me Almamy Traoré retrace le début de cette affaire : « J’ai été informé par mes clients, la famille Touré, que M. Ibrahima Touré a été enlevé par des agents des services spéciaux. Enlevé, je dis, parce qu’il n’y avait ni convocation ni mandat. Ils sont venus le prendre pour une destination inconnue. Toutes les recherches et tentatives pour entrer en contact avec lui n’ont pratiquement pas abouti. »
Face à cette disparition prolongée, cet avocat inscrit au barreau de Guinée a décidé de saisir immédiatement les autorités judiciaires compétentes de la zone concernée : « J’ai pris l’initiative de rencontrer le procureur près le tribunal de première instance de Mafanco parce qu’il a été enlevé sur le ressort territorial de sa compétence. J’ai attiré son attention là-dessus et il a effectivement appelé les services spéciaux. L’officier lui a dit de lui accorder le temps pour qu’il s’informe et lui revienne. En fin de journée, il n’y avait toujours rien. Hier matin, j’ai adressé une demande d’intervention officielle au procureur et lui, à son tour, va saisir le secrétaire général des services spéciaux », a-t-il expliqué.
Déterminé à faire respecter la loi et à localiser son client, Me Traoré fustige les méthodes employées et annonce vouloir passer à la vitesse supérieure dès le début de la semaine : « À partir du lundi, je compte aller plus loin en saisissant le procureur général près la cour d’appel. Puisque nous n’avons aucune information et quelle que soit l’infraction commise par un citoyen, il y a quand même une procédure qui est prévue par la loi. Mais dans ce cas-ci, ils ne l’ont pas respectée, et c’est une violation des droits humains. »
À l’heure où nous mettons cet article en ligne, aucune communication officielle n’a encore été faite par les services de sécurité ou les autorités judiciaires pour clarifier le lieu de détention d’Ibrahima Zakaria Touré ni les faits qui lui sont reprochés.
Sona Sylla pour avenirguinee.org



