La psychose s’empare du quartier Yimbaya, dans la commune de Gbessia. Le mercredi 8 juillet, Ibrahima Zakaria Touré a été enlevé à son domicile par des individus, selon des témoignages concordants recueillis sur les lieux. Sans nouvelle de lui, ses proches sont plongés dans une attente insoutenable et s’inquiètent de son sort.
Mama Aïssata Camara, témoin oculaire de la scène, est revenue en détail sur les circonstances de cette arrestation brutale qui s’est déroulée en début d’après-midi : « Hier aux environs de 14 heures, un homme en civil au teint noir est venu nous dépasser en train de téléphoner. Quelques instants, on l’a aperçu de retour. Il est passé à la devanture de notre concession en me fixant le regard. Il est revenu pour une dernière fois sans saluer et s’est directement introduit dans le domicile. Comme les jeunes étaient en train de débarquer les briques en ce moment, j’ai pensé qu’il était venu pour les aider. Entre temps, Ibrahim était assis là. Dès que j’ai levé la tête, j’ai aperçu un pick-up à la devanture de notre porte. C’est ainsi que je leur ai demandé comment vous pouviez débarquer ici sans aucun papier ? Soudain, ils sont descendus et ont encerclé Ibrahim en brandissant des armes à l’air, avant de l’envoyer manu militari. Malheureusement, on n’a pas pu identifier le numéro d’immatriculation du pick-up », a-t-elle affirmé.
Pour la famille de la victime, cet acte ne relève pas du hasard. M’mah Soumah, la mère d’Ibrahima Zakaria Touré, fait directement le lien entre cet enlèvement et un conflit domanial persistant qui oppose sa famille à une autre partie autour d’un héritage : « On a quitté notre domicile de Magbélia situé à Madina Centre pour venir rester à Yimbaya. On a été chassé de là-bas, puisque celui qui a acheté ce domicile en question a dit que la personne qui l’a vendu là-bas, et qui se réclamait propriétaire, n’est pas le vrai propriétaire. La propriétaire du domaine en question s’appelle Aïssata Touré. C’est la maman de mon mari. Depuis que je suis là-bas, ça fait plus de 50 ans. J’ai eu tous mes enfants là-bas, mais eux aussi ont eu des petits-enfants là-bas. Ils pensent qu’Aïssata Touré n’a plus de parents pour prendre le contrôle de l’héritage. Avec tout ça, on a jugé nécessaire de libérer les lieux. Mais l’on constate que nos enfants sont devenus leurs cibles. Ils les recherchent pour aller signer les documents de vente du domicile qui a été vendu », a-t-elle indiqué.
Face à la disparition prolongée de son fils, elle lance un cri du cœur : « Tout ce que je demande à l’État, qu’il nous aide à ce qu’on retrouve notre fils. Depuis hier, on l’appelle mais on ne parvient pas à le joindre. »
Au sein de la famille d’Ibrahima Zakaria Touré, l’atmosphère est devenue irrespirable. Son épouse, M’mah Bangoura, dépeint une situation moralement oppressive et implore l’assistance des autorités compétentes : « C’est de la panique totale. Je ne sais même pas là où je suis. Je suis nourrice, mais depuis hier, je n’arrive pas à me retrouver. Il a été enlevé pour une destination inconnue. Vous imaginez ce que cela fait ? Je demande l’aide des autorités afin qu’on retrouve mon mari », a-t-elle lancé avec émotion.
Alors que le téléphone de la victime reste désespérément éteint, la famille attend désormais une réaction officielle des services de sécurité ou de la justice pour localiser le jeune homme et clarifier les motifs réels de cette interpellation.
A suivre…
Sona Sylla pour avenirguinee.org



