Schengen : L’Union européenne durcit l’octroi des visas pour les ressortissants guinéens
Ce vendredi, l’Union européenne a officialisé un durcissement temporaire des conditions d’obtention des visas Schengen pour les citoyens guinéens. Une sanction motivée, selon les instances européennes, par le manque d’implication de Conakry dans les procédures de rapatriement de ses nationaux en situation illégale en Europe.
Dans son communiqué officiel, le Conseil de l’Union européenne explique avoir « décidé aujourd’hui de restreindre temporairement la délivrance de visas aux ressortissants guinéens ». Cette mesure fait suite directe à un audit de la Commission européenne, alimenté par les rapports des différents États membres.
Au terme de cette analyse, le Conseil s’est montré catégorique : « la coopération de la Guinée en matière de réadmission de ses ressortissants en séjour irrégulier dans l’UE est insuffisante ».
Fin des facilités pour les demandeurs
Cette décision va lourdement impacter les procédures. En pratique, les pays de l’espace Schengen ont désormais l’interdiction d’accorder les facilités qui étaient accordées jusqu’alors aux demandeurs guinéens.
Le Conseil souligne ainsi l’impossibilité de « délivrer de visas à entrées multiples aux ressortissants guinéens », ou encore de « dispenser les demandeurs de visa guinéens de certaines exigences relatives aux pièces justificatives à fournir ». Par ailleurs, la gratuité dont bénéficiaient les détenteurs de passeports de service et diplomatiques est supprimée.
Le calendrier de traitement subit lui aussi un sérieux coup de frein : « Le délai de traitement standard des demandes de visa sera porté à 45 jours civils au lieu de 15 », prévient l’institution.
Un levier de pression réversible
L’UE précise néanmoins que ce tournant n’est pas irréversible. « La décision de suspension est temporaire mais ne prévoit pas de date de fin précise », nuance le document.
L’objectif de Bruxelles est avant tout d’ordre diplomatique : faire réagir les autorités guinéennes pour fluidifier les échanges migratoires. « L’objectif est d’inciter la Guinée à améliorer sa coopération en matière de réadmission. La Commission continuera d’évaluer les progrès réalisés », insiste le texte.
Le cadre juridique activé
Cette réponse institutionnelle s’appuie sur les mécanismes légaux dont dispose l’Union face aux pays tiers.
« En vertu des règles de l’UE en matière de visas, la Commission évalue régulièrement, sur la base des informations fournies par les États membres, la coopération des pays tiers en matière de réadmission », rappelle le communiqué. Si le partenariat est jugé défaillant, le code des visas de court séjour autorise l’UE à geler certains avantages.
Le Conseil conclut en indiquant que cette proposition de restrictions émanait de la Commission et que, tout au long du processus de validation, les États membres « ont suivi de près les éventuels progrès réalisés par la Guinée en matière de réadmission ».
Avenirguinee.org



