La traversée de l’autoroute Fidel Castro est devenue un véritable parcours du combattant à Bonfi. Mercredi dernier, la passerelle piétonne a été gravement endommagée et « décoiffée » à la suite d’un choc causé par un camion poids lourd. Cette situation expose désormais les usagers à une insécurité routière totale. Constat fait par la rédaction d’avenirguinee.org ce vendredi 10 juillet.
Sur les lieux, le danger est palpable. Rencontrée par notre équipe, Djénab Camara, une commerçante quadragénaire, témoigne qu’un accident mortel a été évité de justesse la veille grâce au réflexe salvateur d’un chauffeur : « La route commence à être très dangereuse. Hier, une vieille femme est tombée au beau milieu de la chaussée. Le conducteur d’un poids lourd l’a évitée de justesse, sinon cela aurait été un drame », confie-t-elle.
Face à l’urgence, elle lance un appel pressant aux autorités : « Il faut que l’État exhorte la société chargée des travaux à accélérer la réhabilitation. Sinon, traverser l’autoroute reste très difficile et périlleux pour nous. »
Privés de cette infrastructure, de nombreux citoyens se retrouvent en détresse, particulièrement les femmes et les personnes âgées. C’est le cas d’Aminata Bangoura, qui éprouve d’énormes difficultés à enjamber les séparateurs physiques de la route :
« C’est vraiment compliqué pour nous parce que le trottoir est élevé. Souffrant de douleurs aux genoux et à la hanche, nous sommes pourtant obligées de traverser pour aller chercher des condiments au marché. Cela nous expose énormément. Il faut que l’État trouve une solution très rapide, car les usagers sont en danger », déplore-t-elle.
Face à l’inertie apparente et pour pallier l’absence de sécurité, la communauté locale s’organise. Des membres de l’association « Hermakonön Quartier Propre » se relayent quotidiennement sur l’autoroute pour aider les piétons, comme l’explique Almamy Sylla : « Cela fait deux jours que nous sommes installés ici pour faciliter la traversée des citoyens. Nous sommes sur l’autoroute, et ce n’est pas facile de passer d’un côté à l’autre. C’est donc par pur humanisme que nous venons aider nos concitoyens afin d’éviter des accidents. Nous sommes plusieurs jeunes de Hermakonön ; dès que l’un de nous est fatigué, un autre vient prendre la relève. »
Alors que les grandes pluies de la saison hivernale s’installent activement à Conakry, une question reste en suspens : les travaux de reconstruction de cette passerelle stratégique seront-ils menés à terme dans un bref délai pour soulager les populations de Bonfi ?

Sona Sylla pour avenirguinee.org



