Le Coordinateur régional de la société civile à Mamou et leader de l’Union Citoyenne pour l’Émergence de la Guinée (UCEG), Mamadou Oury Sow – plus connu sous le nom d’Oury Sow –, s’est exprimé sur deux sujets majeurs de l’actualité nationale : l’incendie dévastateur du grand marché de N’Zérékoré et la volonté affichée par les autorités de transformer désormais l’or sur le territoire guinéen.
Pour cet acteur de la société civile, le drame survenu en Guinée Forestière dépasse largement le cadre local et constitue une perte inestimable pour l’ensemble du pays.
« C’est vraiment triste pour le peuple, surtout pour les Guinéens. Aujourd’hui, lorsqu’on parle de N’Zérékoré, on parle de la Guinée. Ce ne sont pas seulement les commerçants de N’Zérékoré qui ont perdu leurs biens, c’est toute la Guinée qui est touchée. Ce sinistre nous impacte tous de manière générale », a-t-il déclaré.
Réagissant aux annonces faites par les autorités concernant la reconstruction du marché, Oury Sow estime que les efforts publics ne doivent pas se limiter à la simple réhabilitation des infrastructures en béton. Selon lui, les commerçants sinistrés ont avant tout besoin d’un accompagnement financier direct pour sauver leurs entreprises.
« Lorsque j’entends les annonces relatives au programme de reconstruction, je pense que ces commerçants ont besoin de plus que de nouveaux bâtiments. Beaucoup ont perdu leurs marchandises, leurs économies et parfois l’intégralité de leur capital. Il faut impérativement réfléchir à des mécanismes d’accompagnement, notamment à travers des subventions ou une assistance financière directe. C’est crucial pour leur permettre de relancer leurs activités et de retrouver une stabilité économique », a-t-il expliqué.
Le coordinateur régional de l’UCEG invite ainsi l’État à déployer des mesures concrètes : « Je demande à l’État de se pencher sérieusement sur cette question et surtout de venir en aide aux sinistrés sur le plan financier. Cela leur permettra de réintégrer progressivement le circuit commercial », a insisté l’activiste.
Abordant le second volet de son intervention, Oury Sow a salué la récente orientation donnée par le président de la République concernant la transformation sur place de l’or produit en Guinée. Pour lui, cette annonce constitue un pas décisif vers la valorisation de nos ressources nationales.
« C’est une excellente nouvelle pour la population guinéenne. Il est opportun et nécessaire d’acter que l’or doit désormais être transformé en Guinée. C’est une vision que nous accueillons favorablement », a-t-il affirmé.
Toutefois, il avertit que cette volonté politique doit être suivie d’actions concrètes sur le terrain pour éviter qu’elle ne reste au stade des promesses : « Nous demandons au président de mettre tout en œuvre pour que cette décision soit effectivement appliquée. Nous invitons également le ministère des Mines et de la Géologie à matérialiser sans délai les recommandations formulées par le chef de l’État », a-t-il ajouté.
L’acteur de la société civile appelle enfin les multinationales et les partenaires du secteur extractif à se plier aux nouvelles exigences souveraines de la Guinée.
« Les partenaires doivent comprendre qu’ils sont aussi en Guinée pour contribuer au développement socio-économique du pays. Ils doivent accepter et respecter cette nouvelle réglementation. Les Guinéens, quant à eux, doivent faire bloc derrière cette vision afin d’aider les autorités à faire respecter les protocoles et engagements établis », a-t-il soutenu.
Pour conclure, le leader de l’UCEG promet que la société civile veillera au grain : « Nous accueillons cette décision à bras ouverts, mais nous exigeons une implication forte dans le suivi et l’observation de sa mise en œuvre, afin de voir concrètement comment les partenaires vont accompagner cette réforme structurelle. »
À travers cette double prise de position, Oury Sow lie la solidarité nationale due aux victimes de N’Zérékoré à l’exigence de rigueur dans les réformes économiques. Pour lui, le développement de la Guinée passe autant par le soutien direct à ses forces vives commerçantes que par l’arrêt de l’exportation brute de ses richesses minières.
Mamou, Ibrahima Kindia Soumah pour avenirguinee.org



