Depuis ce vendredi, une vidéo d’une extrême violence suscite l’indignation et l’émoi général sur les réseaux sociaux. (Image d’illustration). La séquence montre une jeune fille subissant un passage à tabac nocturne par un groupe d’individus dans une zone boisée. Le père de la victime, qui a accepté de rompre le silence sous le couvert de l’anonymat pour préserver la sécurité de sa famille, a témoigné.
Selon ses précisions, bien que la vidéo ne surgisse que maintenant sur la toile, les faits sous-jacents remontent à environ un an dans la préfecture de Beyla.
« C’est exact. Ma fille se rendait dans une école où travaillait sa mère afin de lui remettre une somme de 2 500 000 FG. En cours de route, elle a été interceptée par six jeunes hommes. Ces derniers l’ont menacée avec un couteau avant de la contraindre à monter sur une moto pour l’entraîner en brousse et la violenter sauvagement. Après ces agressions, les six individus ont pris la fuite », explique le père de famille.
C’est un passant qui a découvert la jeune fille inconsciente avant d’alerter les proches et les autorités. Prise en charge médicalement, la victime a fait l’objet d’une plainte formelle déposée par son père. Mais le parcours du combattant ne faisait que commencer.
« J’ai immédiatement conduit ma fille à la gendarmerie puis à l’hôpital pour recevoir des soins. Malgré l’ordre de recherche donné, les investigations de la gendarmerie manquaient cruellement de fermeté. À plusieurs reprises, j’ai localisé moi-même certains suspects durant la nuit, mais les forces de l’ordre n’intervenaient pas à temps. J’ai dû échanger à plusieurs reprises avec le commandant de gendarmerie pour dénoncer ce manque de réactivité », déplore-t-il.
Une tentative de médiation communautaire initiée dans la localité a également tourné au fiasco. Malgré l’implication des autorités locales et du sous-préfet, la promesse de remettre les suspects à la justice est restée lettre morte.
Déterminé à obtenir justice, le père s’est ensuite tourné vers le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Beyla. Cette démarche a débouché sur l’interpellation et le placement en détention provisoire des six mis en cause. Mais le soulagement fut de courte durée.
« Après un certain temps, ces jeunes ont été remis en liberté sans qu’aucune explication valable ne nous soit fournie », dénonce-t-il avec amertume. « Depuis leur retour au village, ma fille a de nouveau été agressée à quatre reprises par ces mêmes individus, sans qu’aucune nouvelle interpellation ne soit effectuée. »
Interrogé sur la nature exacte des sévices et une éventuelle agression sexuelle, le père exprime de lourdes inquiétudes :
« Je ne peux affirmer avec certitude si elle a été violée ou non, mais elle a été retrouvée entièrement nue. D’après ce qu’on m’a rapporté, d’autres vidéos circuleraient encore où elle apparaît dévêtue. »
Aujourd’hui à bout de ressources et craignant pour la vie de sa fille, ce père de famille lance un appel de détresse pressant au gouvernement guinéen, au Ministère de la Promotion féminine et de l’Enfance, aux organisations de la société civile ainsi qu’aux défenseurs des droits humains. Il réclame en urgence la mise en sécurité de la victime et la reprise de poursuites judiciaires rigoureuses contre les auteurs de ces actes.
A suivre.
Ibrahima Sory Camara, pour avenirguinee.org
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