La découverte d’un corps sans vie a plongé les usagers du marché de Cosa dans la tristesse ce lundi 15 juin 2026, au petit matin. La victime, identifiée sous le nom d’Ibrahima Kalil Oularé, originaire de Faranah, a été retrouvée inanimée sur une table de vente.
Selon les informations recueillies sur place par notre rédaction, le défunt était un jeune diplômé d’université qui, faute d’emploi, s’était reconverti dans le transport des bagages des femmes pour subvenir à ses besoins.
Interrogé par notre équipe, Mohamed Soumah, un riverain qui côtoyait le défunt, explique les circonstances de son quotidien et ses derniers instants : « Ce jeune homme passait régulièrement ici. Il entrait souvent dans notre concession pour ramasser les ordures et transportait les bagages des vendeuses du marché. C’est ainsi qu’il gagnait péniblement sa vie. Hier encore, il était chez nous et a même offert un bol à mon épouse. Comme il ne se sentait visiblement pas bien, nous lui avons demandé ce qui ne allait pas. Il nous a confié qu’il avait été percuté par un taxi dont le chauffeur avait pris la fuite sans s’arrêter. C’est sur cette table de marché qu’il passait ses nuits en compagnie de ses collègues de fortune. »
Le témoignage de Mohamed Lamine Diallo, un ami d’enfance du défunt, apporte un éclairage encore plus poignant sur le parcours de la victime : « Il s’appelait Ibrahima Kalil Oularé. Je le connaissais depuis 1993, année où nous avons partagé les mêmes bancs au lycée à Faranah. Nous nous sommes perdus de vue en 1995 avant de nous croiser à nouveau ici, par pure coïncidence. Lorsque je l’ai revu récemment, il était assis et saignait. Il m’a expliqué qu’un véhicule l’avait renversé avant de prendre la fuite. Le vendredi dernier, j’ai réussi à joindre un membre de sa famille qui m’a assuré qu’il était déjà informé de la situation et qu’il viendrait à son chevet. Je lui avais promis de repasser le voir dimanche, mais la forte pluie m’en a empêché. Ce matin, en venant aux nouvelles pour savoir si ses proches l’avaient récupéré, on m’a annoncé qu’un jeune homme venait de mourir sur les étals situés près des rails. On m’a demandé de venir vérifier, et malheureusement, c’était bien lui. »
Ce drame tragique relance une fois de plus la question de la précarité des jeunes diplômés en Guinée, mais aussi l’épineux problème de l’insécurité routière et de l’absence de prise en charge d’urgence pour les sans-abris de la capitale.
Sona Sylla pour avenirguinee.org
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