Dans le village de Koura, situé dans le secteur de Téssén (sous-préfecture de Sangaréah, préfecture de Pita), l’eau potable reste un luxe inaccessible. En l’absence de pompe, de forage ou de réseau moderne d’approvisionnement, toute la population dépend d’une rivière dont l’eau, trouble et boueuse, sert paradoxalement à la boisson, à la cuisine et aux tâches ménagères.
Chaque jour, dès l’aube, femmes et enfants convergent vers cette source naturelle pour remplir les bidons destinés aux besoins des ménages. Mais derrière cette routine quotidienne se cache une crise sanitaire silencieuse : l’eau consommée est fortement exposée aux impuretés et aux vecteurs de maladies.
Les habitants confient vivre ce calvaire depuis plusieurs décennies, sans qu’aucune solution durable n’ait encore été apportée. Pendant la saison des pluies, la situation devient dramatique. Les eaux de ruissellement entraînent boue, déchets et excréments vers la rivière, rendant l’eau encore plus impropre à la consommation.
Dans cette localité, le partage de la même source d’eau entre humains et animaux accentue les risques d’épidémies de maladies hydriques. Face à ce péril, les cris du cœur se multiplient.
« Nous traversons d’énormes difficultés. La rivière est non seulement éloignée, mais son eau est totalement insalubre. Nous sommes obligés de la filtrer avant de la boire. Nous demandons de l’aide pour obtenir un forage et avoir enfin accès à une eau saine », plaide Alarba Diallo.
L’impact des intempéries aggrave l’anxiété des villageois, qui se sentent abandonnés à leur triste sort au fil des saisons.
« Dès qu’il pleut, toutes les impuretés de la nature se déversent dans la rivière que nous utilisons quotidiennement. Nous n’avons aucune autre alternative pour nous approvisionner. Nous implorons les autorités et les personnes de bonne volonté de nous venir en aide », déplore Naby Moussa Sylla.
Faute de moyens et d’infrastructures adéquates, les familles rivalisent d’ingéniosité pour rendre l’eau un tant soit peu consommable. Elles utilisent des moustiquaires ou des morceaux de tissu en guise de filtres ; une méthode rudimentaire qui ne garantit aucune sécurité bactériologique.

« Même après ce semblant de filtrage, l’eau conserve sa couleur trouble. Mais nous n’avons pas le choix. Notre seul souhait est que nos enfants puissent consommer une eau propre et grandir en bonne santé », affirme Oustaz Oumar Sylla.
À travers ces témoignages poignants, c’est tout le désarroi d’une communauté confrontée à la négation d’un droit humain fondamental qui s’exprime. Pour les populations de Koura, la réalisation d’un forage ou l’installation d’une pompe moderne constituerait un immense soulagement et une réponse concrète à un besoin vital.

Aujourd’hui, ce village de Sangaréah lance un appel pressant au gouvernement, aux organisations humanitaires ainsi qu’aux fils ressortissants de la localité pour mettre fin à cette crise qui menace gravement la santé publique.
De retour de Pita, Naby Moussa Sylla pour avenirguinee.org
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