À quelques semaines de son congrès électif, la Fédération Guinéenne de Boxe (FEGUIBOXE) fait face à des rumeurs de suspension venues de l’international. Pour couper court à ce qu’il qualifie d’« intoxication », le bureau exécutif, dirigé par le lieutenant Alpha Amadou Baldé, a organisé une conférence de presse ce mardi à Conakry. Devant les journalistes, les responsables de l’institution sont revenus sur la genèse de cette affaire afin de rassurer les acteurs de la boxe guinéenne sur la stabilité de la fédération.
La migration vers « World Boxing » et le conflit de légitimité
Ousmane Niang, Secrétaire Général de la FEGUIBOXE, a ouvert les débats en expliquant le contexte de la gouvernance mondiale de la discipline : « Dans un passé récent, la Fédération Guinéenne de Boxe, à l’instar de plusieurs autres pays, était affiliée à l’IBA (Association Internationale de Boxe). Cependant, un conflit majeur a éclaté entre l’IBA et le Comité International Olympique (CIO), entraînant la désaffiliation de l’IBA aux niveaux international, africain et national. C’est pourquoi le Comité National Olympique Guinéen n’impliquait plus la boxe dans ses activités, appliquant ainsi les directives internationales.
Pour que le CIO reconnaisse à nouveau notre discipline, une condition non négociable a été posée : l’adhésion des fédérations nationales à la nouvelle instance, World Boxing. Comme la majorité des pays africains, nous avons engagé des démarches administratives. Aujourd’hui, la FEGUIBOXE a finalisé sa migration vers World Boxing et bénéficie de la reconnaissance officielle du CIO. Au niveau africain, il n’y a pas encore de confédération officielle sous l’égide de World Boxing. Ce sont des individus en quête de reconnaissance qui s’agitent, mais la réalité est que toutes les fédérations sont directement affiliées à l’instance mondiale », a précisé le Secrétaire Général.
Poursuivant son allocution, M. Niang a fustigé les méthodes de leurs détracteurs à l’approche des élections : « À l’approche de ce congrès, à notre grande surprise, un groupe s’est levé pour annoncer la suspension du président et du secrétaire général. C’est un grossier vice de forme. Pour suspendre un responsable, la moindre des règles administratives exige qu’on lui adresse une demande d’explications, qu’on l’entende et qu’on l’auditionne. Là, on assiste à une publication sur WhatsApp un dimanche, suivie le lendemain d’une prétendue décision de suspension.
Ce sont des contre-vérités. Cette décision n’a aucun fondement administratif ou juridique, car ces personnes n’en ont tout simplement pas la qualité. Nous ne reconnaissons pas ces organisations, nous n’avons jamais adhéré à leurs structures, ni payé la moindre cotisation. On ne peut suspendre qu’un membre avec qui l’on est lié. Tout cela intervient alors que notre fédération prépare sereinement son congrès électif avec l’ensemble des clubs statutaires. La boxe guinéenne se porte bien, il n’y a aucun bicéphalisme et la loi sur le sport est très claire », a-t-il martelé.
Prenant la parole, le président de la FEGUIBOXE, le lieutenant Alpha Amadou Baldé, a exprimé son regret face à ces manœuvres de déstabilisation : « Nous ne sommes pas là pour nous tirailler avec quiconque. La première prétendue suspension de trois ans remontait à avant 2025, lorsque nous organisions le Championnat d’Afrique en Guinée. Pourtant, malgré leurs bruits, vous avez vu le nombre de pays qui ont fait le déplacement à Conakry pour obtenir leurs certifications. Si quelqu’un était réellement suspendu, cela s’afficherait de manière transparente sur le site officiel de World Boxing.
Arrivés en fin de mandat, nous avions écrit au Comité Olympique et au ministère des Sports pendant le championnat national pour planifier le congrès électif. Le ministre m’a personnellement demandé d’attendre, estimant que la période, marquée par la campagne présidentielle, n’était pas opportune. C’est pendant cette phase d’attente que nos opposants ont envoyé des courriers par huissier à nos membres statutaires à l’intérieur du pays. Ce sont les clubs eux-mêmes qui nous ont alertés. En réponse, nous avons immédiatement saisi la fédération internationale. Le secrétaire général de World Boxing a formellement écrit au Comité Olympique et au ministère des Sports guinéen pour réaffirmer qu’à ce jour, les seuls interlocuteurs reconnus sont le lieutenant Alpha Amadou Baldé et Ousmane Niang. »
Pour conclure, le président de la fédération a révélé l’existence d’une procédure de vérification en cours : « L’instance internationale nous a adressé un questionnaire pour savoir si nous connaissions ces personnes, si nous avions des relations avec elles ou si nous leur versions des cotisations. Nous sommes en train d’y répondre formellement. Aujourd’hui, une grande partie des États africains sur les 52 ont rejoint World Boxing et sont en train de se structurer pour atteindre le quorum nécessaire à la création d’une confédération africaine. Ces tentatives d’intoxication n’ont aucune valeur à nos yeux. Récemment encore, le seul message reçu de la fédération internationale concernait la mise à jour de nos bases de données. À ce jour, nous sommes les seuls à détenir le pouvoir d’inscrire des athlètes guinéens aux compétitions de World Boxing. Ceux qui vivent dans l’utopie de notre suspension feraient mieux de regarder leur propre situation », a conclu le président.
Alsény Savané pour avenirguinee.org
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