Quelques heures seulement après la sortie médiatique du lieutenant Alpha Amadou Baldé concernant sa prétendue suspension, la réplique ne s’est pas fait attendre. M. Biro Barry, secrétaire général de la Fédération Guinéenne de Boxe (FEGUIBOXE) — récemment annoncé comme révoqué par le camp adverse — a organisé à son tour une conférence de presse ce mercredi pour balayer d’un revers de la main les déclarations de son président. Devant les journalistes, il a tenu à apporter sa version des faits pour éclairer le public guinéen sur la crise profonde qui secoue l’institution, alors même qu’un congrès électoral se prépare dans un climat de haute tension.
Une crise de confiance avec les clubs statutaires
D’entrée de jeu, M. Biro Barry a tenu à recadrer les origines du conflit en épargnant les institutions étatiques : « Il n’y a pas de problème personnel entre Alpha Amadou Baldé et moi, ni de conflit entre le ministère et nous. Le vrai problème se situe entre Alpha Baldé et les clubs statutaires qui l’ont élu. Cette crise a débuté en juin 2024, lorsqu’il a perdu la confiance de la base. Les membres statutaires ont alors signé une pétition qu’ils ont soumise au ministère de la Jeunesse et des Sports.
Face à cela, M. Baldé a multiplié les agissements qui n’ont fait qu’aggraver la situation, notamment en portant plainte au tribunal contre M. Amadou Tanta Coulibaly (président du club de Boffa), Maître Diaby et un autre acteur de la discipline. C’est à la suite de ces accrochages répétés qu’il a écopé d’une première suspension de la part de l’AFBC (Confédération Africaine de Boxe) », a-t-il rappelé.
Poursuivant son grand déballage, M. Biro Barry est revenu sur les scissions au niveau continental et sur sa prétendue éviction de la fédération : « Au lieu de contester sa suspension devant les tribunaux sportifs compétents comme le prévoient nos textes, il a nié l’évidence. Il a orchestré des manœuvres avec l’ancien président de l’AFBC et son secrétaire général pour envoyer un courrier au ministère guinéen demandant d’ignorer cette sanction. Cela a provoqué une fracture au sein de l’instance africaine, divisée en deux factions. Les deux tiers des fédérations africaines ont finalement convoqué une assemblée générale extraordinaire en RDC. M. Baldé étant suspendu, l’instance m’a contacté en tant que secrétaire général légitime pour représenter la Guinée. Pris par mes obligations, j’ai officiellement mandaté M. Amadou Tanta. À son retour, j’ai reçu un courrier d’Alpha Amadou Baldé m’informant que j’étais révoqué. C’est absurde. Nos statuts sont clairs : les membres du bureau exécutif ne peuvent être révoqués que par l’assemblée générale qui les a élus.
Alpha Amadou Baldé est dans la fabrication de faux documents et de fausses preuves pour soutenir ses accusations. M. Ousmane Niang est un cadre du ministère de la Jeunesse et des Sports, rattaché à la direction des normes. Il est censé veiller au respect des textes, et voilà qu’il accepte de se faire nommer secrétaire général par un individu en violation flagrante des statuts. C’est illégal. Ousmane Niang n’est pas le secrétaire général légitime de la FEGUIBOXE », a martelé Biro Barry.
Sur sa lancée, le secrétaire général s’est montré catégorique sur l’invalidité du prochain scrutin et a évoqué une nouvelle sanction internationale : « Tout congrès ou assemblée générale qu’il organise sans en informer M. Amadou Tanta ou M. Soumah, membre du bureau, est nul et de nul effet au regard de nos statuts. La boxe guinéenne est en train de sombrer ; on organise des galas au lieu de championnats. De plus, sa situation se complique puisqu’il est sous le coup d’une deuxième suspension, cette fois-ci décernée par African Boxing.
Nos activités internationales dépendent de ces instances. Leurs décisions et leurs sanctions doivent être prises au sérieux. La raison pour laquelle il a été sanctionné sans être entendu au préalable, c’est le flagrant délit. Les injures et les propos graves qu’il a adressés aux dirigeants de l’African Boxing sont documentés. Il a écopé d’une suspension provisoire de 90 jours, le temps que l’enquête soit bouclée avant une confrontation des faits. »
Pour conclure, M. Biro Barry a dressé un parallèle avec la gouvernance du football pour étayer la légitimité des instances continentales : « Les statuts veulent que lorsque vous êtes affilié à World Boxing, vous le soyez de facto à l’African Boxing. On ne peut pas être affilié à la FIFA et refuser d’être lié à la CAF ; c’est exactement le même principe. Il connaît cette réalité mais cherche simplement à semer le désordre et la confusion, comme il l’a fait par le passé à l’IBA. Si nous le laissons faire, le scénario de 2018 se répétera en 2026. Nous n’accepterons pas qu’il sacrifie l’avenir de la boxe guinéenne pour ses propres intérêts », a conclu le secrétaire général.
Alsény Savané pour avenirguinee.org 625-21-04-05



