Au lendemain des graves accusations portées par Mme Tadi Kourouma contre son médecin, le Dr Ismaël Sylla, l’Office de Protection du Genre, de l’Enfance et des Mœurs (OPROGEM) livre une version des faits radicalement différente. Selon les responsables de cette unité spécialisée de la police, la plaignante n’aurait jamais évoqué de cas de viol lors de sa saisine initiale.
Une équipe de notre rédaction s’est rendue ce mardi 7 avril 2026 auprès de l’OPROGEM. Selon les informations recueillies, la procédure engagée à l’époque portait exclusivement sur la recherche de paternité et la prise en charge d’un enfant, loin de toute allégation criminelle.
« Elle est venue porter plainte concernant deux points : la recherche de paternité et la prise en charge de son enfant », précise un officier de l’unité.
D’après les explications fournies, les deux parties se connaissaient déjà dans un cadre professionnel : la dame était stagiaire sage-femme et le médecin exerçait dans la même structure sanitaire à Ratoma. Lors de leurs auditions respectives, des divergences sont apparues, poussant les enquêteurs à organiser une confrontation.
« Le docteur nous a fait savoir qu’il prenait déjà l’enfant en charge. Il versait 1,5 million de francs guinéens par mois, payait le loyer et subvenait aux besoins de la dame », explique la même source, ajoutant que le médecin a présenté des preuves de paiement, notamment via Orange Money.
Toujours selon l’OPROGEM, le litige ne se limitait pas à la pension alimentaire. L’officier en charge du dossier évoque un « non-dit » passionnel : « J’ai compris qu’elle souhaitait être avec le docteur, c’était là le fond du problème ».
Par ailleurs, le médecin aurait justifié sa prise de distance par des comportements reprochés à la plaignante, notamment des soupçons d’escroquerie. « Il a expliqué qu’elle percevait de l’argent auprès de tiers en se faisant passer pour une parente du Président de la République, leur promettant une intégration à la fonction publique », ajoute notre source.
Sous la médiation de l’OPROGEM, un terrain d’entente avait pourtant été trouvé : le médecin acceptait de verser une pension mensuelle d’environ 3 millions de francs guinéens. Ce dispositif a fonctionné pendant plusieurs mois sous la supervision de la police.
« Chaque fin de mois, le docteur déposait l’argent ici et Tadi venait le récupérer », précise la source. Cependant, le processus a été interrompu suite à des publications sur les réseaux sociaux attribuées à la plaignante.
Face à cette médiatisation, l’OPROGEM affirme avoir saisi le parquet de Dixinn pour des faits distincts. « J’ai contacté le procureur, estimant qu’il s’agissait d’un cas de cybercriminalité. Pendant plusieurs mois, nous avons tenté de la retrouver pour la procédure, mais elle est restée introuvable », déclare l’officier.
C’est à ce moment que la plaignante aurait cessé de se présenter pour percevoir sa pension, entraînant de fait l’arrêt du dispositif de paiement.
L’élément le plus frappant reste l’absence totale de mention de viol dans le dossier initial, selon l’OPROGEM. L’officier est formel : « Tadi n’a jamais parlé de viol ici. Les faits portaient uniquement sur la paternité et la prise en charge. D’ailleurs, le médecin avait déjà reconnu l’enfant et établi son acte de naissance. »
Ce dossier, qui remonte à 2024, avait été transmis à la justice. Aujourd’hui, les enquêteurs se disent « surpris » par la requalification publique des faits par la plaignante. Pour l’OPROGEM, il s’agissait initialement d’un différend personnel et civil plutôt que d’une infraction pénale de type viol.
Dossier à suivre.
Ibrahima Sory Camara pour Avenirguinee.org
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