Conakry, le 11 février 2026 – À l’occasion de la Journée internationale de tolérance zéro aux Mutilations Génitales Féminines (MGF), le Palais du Peuple a vibré ce mercredi au rythme d’un panel de haut niveau. Sous l’égide du Ministère de la Femme, de la Famille et de la Solidarité, l’événement a réuni personnalités publiques et activistes autour d’un cri de ralliement : « Vers 2030, pas de fin aux MGF sans engagement et investissement soutenu ».
Prenant la parole avec émotion, la ministre Patricia Adeline Lamah a tenu à s’adresser directement aux survivantes de cette pratique ancestrale. Dans un discours rassurant, elle a rappelé l’engagement de l’État à briser le tabou du silence.
« À vous, survivantes, je veux m’adresser directement : mon département vous voit, le gouvernement vous écoute, et la République vous doit protection, soins et respect. Votre expérience ne peut plus être étouffée sous le silence ; elle doit devenir une force pour empêcher que d’autres filles ne traversent la même épreuve », a-t-elle martelé.
De son côté, Magdalina Bertheloti, représentante du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), a plaidé pour un changement radical de stratégie. Selon elle, la lutte ne doit plus se limiter à des initiatives isolées, mais devenir une priorité étatique durable.
« Les filles disposent de peu de choix décisionnels concernant leur propre corps. Il est temps de changer d’échelle. Nous devons passer d’une logique de projet à une logique systémique, en intégrant pleinement la lutte contre les MGF dans les budgets nationaux et locaux, avec des ressources identifiées et suivies équitablement », a-t-elle sollicité.
La Gouverneure de la ville de Conakry, Générale Mahawa Sylla, a clôturé les interventions en mettant l’accent sur la responsabilité des autorités locales et l’importance de la vigilance citoyenne.
« J’exhorte les autorités locales à la base communes, quartiers et secteurs à s’impliquer activement. J’invite les populations à dénoncer chaque cas, car aujourd’hui nous disposons de structures à notre service telles que la Police, la Gendarmerie et l’OPROGEM », a-t-elle lancé avec fermeté.

Cette journée marque une étape supplémentaire dans le combat pour l’intégrité physique des jeunes filles en Guinée, avec l’espoir d’une éradication totale d’ici 2030.
Par Sona Sylla pour avenirguinee.org



