Depuis l’aube ce lundi 9 février 2026, un épais nuage de fumée enveloppe le marché Entag, dans la commune de Tombolia. Entre asphyxie et détresse économique, les commerçantes, privées de leurs étals par les récents déguerpissements, interpellent directement le Président Mamadi Doumbouya.
Un marché sous un nuage toxique
Il était à peine 4 heures du matin quand les premières émanations ont envahi le marché Entag. Depuis, une fumée intense et suffocante empêche toute activité commerciale normale. Sur place, l’atmosphère est irrespirable, rendant même la circulation des véhicules difficile sur cet axe stratégique de Conakry.
Ce sinistre serait d’origine criminelle. Selon les témoignages recueillis sur le terrain, des individus profiteraient de l’obscurité pour déverser des déchets, avant qu’un inconnu n’y mette le feu dans la nuit de dimanche à lundi.
Des mères de famille à bout de souffle

Exposées en plein air suite à la destruction de leurs anciennes places, les vendeuses sont les premières victimes de cette pollution. Mama Aissata Camara, la gorge serrée par la fumée, témoigne de ce calvaire :
« Nous sommes toutes malades. C’est depuis 4h du matin qu’on a vu cette fumée. Nous sommes exposées ici car nous n’avons plus de places, elles ont été détruites et nous n’avons nulle part où aller. Nos maris ne travaillent pas, c’est nous qui prenons tout en charge. Nous demandons aux autorités d’enlever ce tas d’ordures. Si l’État ne fait rien, il y aura des cadavres ici. »

Même constat alarmant pour Kadiatou Souaré, qui pointe du doigt le danger sanitaire immédiat : « Nous souffrons énormément. Ce sont des gens qui viennent déverser les ordures la nuit. Un individu a mis le feu hier soir. C’est un danger très dangereux pour la population. Nous lançons un message aux autorités, au président de la République Mamadi Doumbouya, de nous aider. »
Un appel au recasement

Au-delà de l’urgence sanitaire, c’est la question du recasement qui préoccupe ces femmes. Pour Mabinty Camara, la fumée n’est que la conséquence de leur vulnérabilité actuelle : « Nous ne sommes pas contre notre déguerpissement, mais nous demandons au président de nous réinstaller ailleurs. C’est parce que nous n’avons nulle part où aller que nous sommes obligées de respirer cette mauvaise fumée. Depuis le matin, aucune autorité n’est venue voir la situation. »
Jusqu’à la mi-journée, aucune intervention des services de voirie ou des autorités communales n’avait été constatée pour éteindre le foyer ou évacuer les déchets calcinés.
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
621 26 99 81




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