La colère monte au sein de la Société Cellcom Guinée. Très tôt ce lundi matin, entre 6h et 7h, des travailleurs de l’entreprise ont procédé à la fermeture du siège social situé à Kaloum, empêchant l’accès aux bureaux des responsables.

Ils sont environ 120 à 130 travailleurs à dénoncer le non-paiement de plusieurs mois de salaires, une mise au chômage technique prolongée sans compensation, ainsi que la suppression de plusieurs avantages sociaux, notamment la prise en charge médicale prévue dans leurs contrats.
Après plusieurs démarches pacifiques restées sans réponse favorable de la direction, les travailleurs, visiblement excédés, ont décidé de passer à la vitesse supérieure en fermant portes et fenêtres des locaux de l’entreprise.

Selon Alexandre Niambalamou, secrétaire général de la section syndicale de Cellcom Guinée, cette action était devenue inévitable : « Oui, nous sommes en grève désormais. Aucune puce ni réactivation ne sera disponible aujourd’hui. Nous avons fermé les locaux parce que nous avons été trop conciliants avec une direction qui piétine nos droits. Cela fait plusieurs mois que nos salaires ne sont pas payés. Ils promettent, mais n’honorent jamais leurs engagements. Même la prise en charge médicale a été coupée. Les travailleurs sont obligés de s’endetter pour soigner leurs enfants, leurs épouses ou eux-mêmes, alors que cela est clairement prévu dans nos contrats. Tant que nos droits ne seront pas respectés, aucun responsable ne mettra les pieds ici. »
Le responsable syndical rappelle également qu’un préavis de grève avait été déposé bien avant cette action, sans aucune suite de la part de la direction : « Aujourd’hui, plus de 120 travailleurs vivent dans une situation précaire. La gestion financière est floue, tout comme celle du personnel. Nous sommes en grève à Conakry comme à l’intérieur du pays. L’entreprise nous doit actuellement quatre mois de salaire. »
Il convient de rappeler qu’en août dernier, le bailleur des locaux, la société WAF, avait déjà procédé à la fermeture du siège de Cellcom Guinée pour non-paiement de plusieurs milliards de francs guinéens de loyers. Une situation qui avait contraint les travailleurs à rester chez eux, sans salaire.
Si aucune solution urgente n’est trouvée, Cellcom Guinée risque de connaître le même sort que les sociétés Intercel et Sotelgui, aujourd’hui disparues du paysage des télécommunications en Guinée.
Avant de quitter les lieux, notre rédaction a tenté, en vain, de rencontrer les responsables de l’entreprise. Aucune réaction officielle n’a été enregistrée.
Affaire à suivre.
Ibrahima Sory Camara et Sona Sylla
Pour avenirguinee.org



