Comme annoncé dans notre précédent article, un grave incendie s’est produit dans la nuit du mardi au mercredi 7 janvier 2026 à la plage de Rogbanè, dans la commune de Ratoma, aux environs de 5 heures du matin. Le drame a coûté la vie à un jeune travailleur et d’importants dégâts matériels ont été enregistrés.
Interrogé par notre rédaction, le gestionnaire de la plage, Idrissa Condé, affirme que l’incendie serait d’origine criminelle. « Les pertes sont estimées à près d’un milliard de francs guinéens. Beaucoup de personnes avaient investi ici, et ce sont des familles entières qui vivent de cette activité. J’ai été alerté vers 4 heures du matin. À mon arrivée, en moins de cinq minutes, plus de 25 stands étaient déjà partis en fumée. Le feu se propageait dans deux sens, au ras du sol. Pour nous, cela ne peut être qu’un incendie d’origine criminelle.
Avant cela, nous avions reçu des menaces de la part de certains jeunes qui disaient à leurs parents de quitter les lieux, sinon ils allaient brûler la plage. Nous avons saisi la police, la gendarmerie, la mairie et même le gouvernement. Ils étaient venus constater. Ces jeunes se sont installés près de l’entrée et prétendent que cet espace appartient à leurs parents. Quand c’était un dépotoir, personne ne s’y intéressait. Maintenant que le site est viabilisé, tout le monde le réclame.
Ils avaient clairement annoncé qu’ils allaient brûler. Aujourd’hui, c’est fait. Il n’y avait même pas de courant électrique, donc ce n’est pas un problème d’EDG. Dans nos plaintes, nous avons cité des noms. Ils sont connus et installés sur la colline. »
Concernant la fermeture de la plage évoquée par le président de la délégation spéciale de Ratoma, le gestionnaire s’y oppose.
« Nous ne voulons pas trop polémiquer, mais il faut se demander qui a autorisé ces jeunes à s’installer ici. Nous sommes allés plusieurs fois à la commune pour des explications. Il y a, selon nous, des mains noires derrière cette affaire, des personnes qui veulent récupérer la plage et qui instrumentalisent les jeunes. Nous faisons confiance aux autorités pour que la justice soit rendue. »

Parmi les victimes, Salématou Doumbouya, propriétaire d’un stand dénommé Espace Fatim, évalue ses pertes à plus de cent millions de francs guinéens.
« Je venais à peine de renouveler mon stand. J’ai perdu dix congélateurs. Après calcul, les poissons dans l’un valaient environ 16 millions et dans l’autre près de 40 millions de francs guinéens. Ils avaient menacé une vieille dame à côté, mais ce sont finalement nous, les locataires, qu’ils ont attaqués. Plusieurs radios étaient déjà passées avant l’incident, nous avions dénoncé ces menaces. Après cela, l’incendie s’est déclaré. Ma nièce, qui était encore dehors, a vu la personne qui a mis le feu monter ensuite dans un véhicule pour prendre la fuite. »
Et de conclure : « Nous n’avons plus rien. Nous demandons à l’État de nous venir en aide. »

Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org



