La grève qui secoue actuellement le système éducatif guinéen continue d’impacter négativement plusieurs établissements privés de la ville de Boké. Dans la matinée de ce lundi, des élèves issus de différentes écoles publiques de la commune urbaine se sont rendus dans de nombreux établissements privés où ils ont jeté des pierres, perturbant ainsi le déroulement des cours.
Au Groupe scolaire privé Excellence de Boké, un élève de la 2ᵉ année a subi une fracture, et plusieurs enseignants ont également été victimes de coups et blessures.
« Nous avons été vraiment surpris. Nous étions en plein cours quand, aux environs de 9h, nous avons constaté l’envahissement des élèves de Nèma, accompagnés de jets de pierres. Cela a créé une grande psychose dans l’établissement. Nous avons enregistré des cas de fractures, des coups et blessures, sans compter les dégâts matériels : des toitures endommagées et le portail fortement touché », a déploré Mamadou Saïdou Souano, fondateur de l’école. Ces affrontements ont perturbé les cours dans la quasi-totalité des écoles de la commune urbaine de Boké, provoquant des vitres brisées, des toitures endommagées et des salles vandalisées. Au Complexe scolaire ALDEX, plusieurs dégâts matériels ont également été enregistrés ainsi que quatre (4) blessés, dont certains nécessitent une prise en charge médicale.
« C’est très difficile à expliquer, car on ne s’y attendait pas. Le matin, nous avons commencé à recevoir des appels nous signalant que certains élèves du lycée et du collège Filira se dirigeaient vers notre école. Nous avons aussitôt sécurisé les enfants et alerté les forces de l’ordre, mais malheureusement les manifestants sont arrivés avant les gendarmes. Ils ont commencé à jeter des pierres et à casser nos vitres. Nos élèves ont voulu riposter, mais nous nous y sommes opposés. Ils étaient trop nombreux, nous ne pouvions rien faire. Il y a eu des blessés et beaucoup de vitres ont été détruites », a expliqué Camara Mamadama, Directeur général du Complexe scolaire ALDEX de Boké.
Selon plusieurs responsables d’écoles privées, ces actes de destruction et de vandalisme étaient prémédités, raison pour laquelle ils les condamnent avec fermeté et demandent aux autorités compétentes de les rétablir dans leurs droits.
« Nous condamnons fermement cette agression, car elle a clairement été planifiée. On ne peut pas dire que c’est spontané. D’après nos informations, ils se sont rassemblés à Nèma avant de cibler les écoles privées. C’est incompréhensible, car une grève n’est pas synonyme de violence. Nous n’avons rien à voir avec ce mouvement, nous sommes des établissements privés. Si l’on vient nous agresser dans nos propres installations et causer des dégâts énormes, nous allons porter plainte contre X et demandons aux autorités de prendre leurs responsabilités pour garantir nos droits », ont-ils indiqué.
La commune urbaine de Boké est fortement touchée par la grève générale et illimitée déclenchée depuis le 1ᵉʳ décembre 2025 par une partie de l’Intersyndicale de l’Éducation, notamment la FSPE et le SNE.Dans plusieurs quartiers de la ville, de nombreuses écoles publiques et privées ont fermé leurs portes ce lundi.
BOKE FATOUMATA BAYLAWOU BALDÉ



