À la suite du récent remaniement gouvernemental ayant porté Bintou Keita à la tête du Ministère de l’Éducation, le secrétaire général de la Fédération Syndicale Professionnelle de l’Éducation (FSPE), Salifou Camara, a livré son analyse sur cette nomination tout en dressant un état des lieux sans complaisance du système éducatif guinéen.
S’exprimant au nom de la FSPE, Salifou Camara a salué le choix du Chef de l’État tout en soulignant la lourdeur de la tâche qui attend la nouvelle ministre. Pour le leader syndical, gérer ce département stratégique exige patriotisme, rigueur et expérience, compte tenu des enjeux majeurs liés à la formation de la jeunesse guinéenne.
S’il félicite la nouvelle ministre, le secrétaire général de la FSPE n’a pas manqué de lui adresser un conseil clé : celui de ne pas céder à la méfiance envers les partenaires sociaux.
« Nous demandons une collaboration étroite. L’implication du syndicat et de l’Association des Parents d’Élèves et Amis de l’École (APEAE) sera donc indispensable pour garantir la réussite de sa mission », a-t-il insisté.
Interrogé sur le départ du ministre sortant, Salifou Camara a tenu à féliciter Aboubacar Barry, muté au ministère de l’Élevage, en saluant les jalons posés durant ses sept mois à la tête du département ainsi que sa gestion des défis majeurs :
« Il avait posé beaucoup de jalons en matière de discipline. Mais les maux du système restent
Selon Salifou Camara, l’abandon progressif de la discipline et du respect de la hiérarchie a dégradé le statut de l’enseignant, autrefois figure respectée de la société. À cela s’ajoutent le manque de moyens élémentaires pour les inspecteurs pédagogiques dans l’accomplissement de leurs missions d’évaluation sur le terrain, ainsi que le déficit d’équipements et de manuels scolaires. La rareté des livres par élève et la vétusté des infrastructures (tables-bancs, installations électriques) continuent de freiner considérablement l’apprentissage.
En parallèle, le leader de la FSPE a tenu à saluer les efforts du président de la République dans la construction d’infrastructures scolaires modernes à travers le pays.
En conclusion, il a invité les acteurs du secteur à en prendre soin : « J’appelle les encadreurs à préserver ces équipements et je réitère notre disponibilité à accompagner la nouvelle ministre à 100 % pour le redressement de l’école guinéenne. »
Ibrahima Sory Camara, pour avenirguinee.org



