À 7 kilomètres du centre-ville de Boké, le poste de santé du quartier Guiléré offre un spectacle inquiétant. Privée d’électricité, dépourvue d’eau et de matériel adéquat, la structure affiche des murs fissurés, des plafonds délabrés et une toiture fortement endommagée. Ce centre, censé assurer les soins de première nécessité, est aujourd’hui laissé à l’abandon.
Dans ce quartier, le seul poste de santé existant ne dispose que d’une salle de consultation, de deux petites salles pour les malades et d’une salle d’accouchement qui ne répond à aucune norme médicale. Une situation qui préoccupe profondément Ismaël Diallo, chef de secteur central du quartier. Il déplore l’absence de courant et le manque criant de personnel :
« Le poste de santé est dans un état déplorable. Il est très petit et il n’y a pas d’électricité, même pas un panneau solaire. Les médicaments sont stockés dans la chaleur. Souvent, quand on arrive avec un malade, on nous demande de l’envoyer en ville, même si son état est grave, sans savoir quand il pourra atteindre l’hôpital. Nous avons fait des demandes partout, mais rien n’a changé », explique-t-il.
Construit il y a plusieurs années, ce poste de santé est pourtant le seul disponible pour plusieurs localités voisines, notamment Karfaya, Kewéhoum et d’autres villages environnants. Mais en raison du manque de moyens et de personnel, de nombreux habitants sont contraints de parcourir plusieurs kilomètres pour recevoir des soins. Le chef du centre, qui a préféré garder l’anonymat, décrit une situation devenue intenable : « L’état du poste nous inquiète beaucoup. Au début, je passais la nuit ici au cas où des malades arriveraient. Mais j’ai arrêté, car il n’y a pas de courant et nous n’avons pas d’eau. Comment un hôpital peut-il fonctionner sans eau ? C’est triste. Guiléré fait partie de la commune urbaine de Boké, mais nous n’avons toujours pas un centre de santé digne de ce nom. »
Faute d’équipement, même les consultations prénatales ne peuvent pas être assurées. Les femmes enceintes figurent parmi les plus grandes victimes de cette situation dramatique :
« Quand une femme est en travail, on est obligé de la mettre sur une moto pour l’envoyer en ville. Avec l’état de la route, il arrive qu’elle accouche en cours de route », déplore une mère de famille.
Face à la dégradation avancée du centre et au manque total de soutien, le personnel affirme être à bout de moyens. Il lance un appel urgent à l’État, aux autorités sanitaires et aux personnes de bonne volonté pour venir en aide au poste de santé de Guiléré, avant que la situation ne tourne au drame.
Boké, Fatoumata Baylaou Baldé pour avenirguinee.org



