Dans la soirée du dimanche 30 novembre, aux environs de 19 heures, le corps d’un homme du nom d’Idrissa Condé, âgé de 55 ans et réparateur d’appareils frigorifiques, a été retrouvé en état de décomposition avancée dans sa chambre, au quartier Dixinn, dans la commune du même nom. Cette découverte macabre a suscité de nombreuses interrogations parmi les riverains.
Homme discret et vivant seul, Idrissa Condé entretenait très peu de contacts avec son voisinage et ne recevait presque jamais de visiteurs.
Ce n’est qu’après plusieurs jours de son décès que les habitants se sont rendu compte de son absence prolongée. À l’intérieur de la chambre, son corps a été retrouvé gisant au sol, la tête tournée vers la sortie, baignant dans des fluides corporels. La pièce, exiguë et encombrée d’objets ainsi que d’appareils en réparation, témoignait du mode de vie solitaire du défunt.
Faute de proches identifiés, les autorités ont tenté de remonter la piste de sa famille en consultant le répertoire téléphonique de la victime. Elles ont ainsi réussi à joindre l’un de ses connaissances, Bangaly Soumah, qui a témoigné :
« Oui, il venait souvent derrière moi à l’atelier. Je ne pouvais pas le chasser, alors je l’ai accepté. Il achetait et revendait des objets d’occasion. J’ai tout fait pour qu’il me montre où il vivait, mais il refusait. Cela faisait longtemps que je ne l’avais pas vu », a-t-il raconté.
Il ajoute : « Il m’avait confié qu’il était séparé de sa femme. Je lui conseillais de refaire sa vie, car ce n’était pas bon pour lui de rester seul à son âge. Voilà plus d’un an que nous ne nous fréquentions presque plus, et je ne le voyais plus. »
De son côté, le concessionnaire, Ibrahima Sadjo Diallo, affirme lui aussi en savoir très peu sur son locataire :
« Il a vécu environ six ans chez moi. Aujourd’hui, ce sont les voisins qui m’ont alerté. On ne s’était pas vus depuis trois mois. Je ne connais pas sa famille. Avec son téléphone, je vais essayer de chercher. Mais tous les numéros que nous appelons appartiennent à ses clients. »
Du côté des autorités locales, le président du conseil de quartier de Dixinn Mosquée, Mohamed 5 Bangoura, explique les démarches entreprises :
« Dès que j’ai été informé, j’ai automatiquement saisi Colok N’Diaye de la police scientifique, qui est intervenue et a fait son travail. Nous avons ensuite contacté le procureur et les services compétents. Nous avons extrait la puce du téléphone, mais les numéros trouvés appartenaient pour la plupart à ses clients. Personne ne connaissait sa famille. Il vivait seul ici et n’était pas trop fréquenté. »
Compte tenu de l’état de décomposition du corps, le procureur a ordonné que la dépouille soit remise au quartier pour inhumation. Le président du conseil de quartier, assisté des voisins, a finalement procédé à l’enterrement.
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org



