Ces derniers mois en République de Guinée, le deuil causé par les routes reste un constat très alarmant. Certains piliers de familles voient leur vie détruite ou prennent fin à travers l’imprudence de certains conducteurs, en longueur de journée, créant ainsi un vide chez leurs proches.
Dans un entretien exclusif accordé à la rédaction d’Avenir Guinée ce lundi 24 novembre, M. Moussa Sangaré, président de la Coalition Nationale des Organisations de la Société Civile Guinéenne (CONASOC), a d’abord déploré cette situation.
« Les accidents de circulation ont fait beaucoup de victimes et c’est très grave de voir nos compatriotes perdre la vie ainsi », a-t-il déploré d’entrée.
Continuant son allocution, M. Sangaré dénonce l’abondance des adolescents dans le secteur et pointe du doigt leur incivisme.
« Aujourd’hui, on voit une augmentation du nombre des jeunes adolescents, parfois sous l’effet des excitants, qui conduisent sur de longues distances. Entre Conakry et Kankan, la route est entièrement terminée. Les conducteurs faisaient deux jours d’affilée ; constatant le bon état de la route, ils roulent à grande vitesse et ils sont prédisposés aux accidents, car ils ne calculent pas le danger potentiel », a-t-il dénoncé.
Selon l’acteur de la société civile, les syndicalistes également ont une part de responsabilité.
« Au niveau des bus, ce sont les syndicats qui font monter les passagers. Ils en mettent plus que la normale. Les gens arrivent donc avec des véhicules chargés, et en même temps avec des bagages sur le toit. Cela crée un déséquilibre dans le véhicule.
La police doit réguler la circulation. En matière de contrôle routier, il faut bloquer tout conducteur sans permis ou dont la conduite est anormale. »
Pour terminer, le président de la CONASOC a proposé des pistes de solution pour que les accidents soient réduits.
« Nous ne pouvons éviter les décès, mais leur nombre diminuera considérablement si les règles sont respectées. Comme dans le secteur aéronautique, il est rare d’entendre parler d’un accident d’avion. Car avant tout décollage, l’avion fait l’objet de contrôles exhaustifs. Sans exception. La moindre erreur et il est immobilisé.
On peut faire la même chose avec les véhicules. Le train, c’est pareil. Toute machine qui met en jeu des vies humaines doit être repensée ; il faut s’assurer qu’elle puisse se déplacer.
Mais le respect des lois et des principes est la seule condition pour réduire drastiquement les pertes en vies humaines et les accidents. »
Sona Sylla pour Avenir Guinée.



