« Manger bon, manger bien » : une règle essentielle pour garantir la santé, mais dont l’application reste un véritable défi pour de nombreux Guinéens. À Conakry, plusieurs marchés souffrent d’un manque d’hygiène criant, notamment celui de Tanènè, situé dans la commune de Gbessia, où les conditions de conservation et d’exposition des denrées posent de sérieux risques sanitaires.
Ce lundi dernier, un reportage de AvenirGuinee a permis de constater un décor préoccupant : des milliers de pastèques déposées à même le sol, à seulement quelques mètres d’un fossé à ciel ouvert. Les mouches y circulent librement, passant des déchets organiques aux fruits destinés à la consommation directe.
Une vendeuse quadragénaire, rencontrée sur place et ayant requis l’anonymat, décrit des conditions de travail extrêmement difficiles : « Nous manquons de place ici. Quand un camion arrive chargé, tu ne peux même pas rentrer chez toi de peur d’être volée. Parfois, tu es obligée de passer la nuit au marché. Par manque d’espace, un camion peut rester deux jours sans être déchargé. »
Elle affirme également que l’insalubrité affecte directement leurs revenus : « Il y a une semaine, nous n’avons pas vendu une seule pastèque parce qu’un tas d’ordures nous cachait complètement. Les clients fuyaient. Sinon, ici, on peut vendre plus de cent mille francs par jour. L’État doit nous venir en aide, parce que si nous sommes exposées ainsi, c’est la santé des Guinéens qui est en danger. »
Ce marché n’est pas un cas isolé. À l’approche de la saison des fruits, plusieurs marchés de Conakry présentent les mêmes difficultés : insalubrité, manque d’espace, absence d’infrastructures adaptées, exposition des denrées aux risques de contamination.
Ces conditions interpellent fortement sur la nécessité d’un véritable plan d’assainissement et d’organisation des marchés, afin de garantir la sécurité alimentaire des populations et de préserver la santé publique.
Sona Sylla pour Avenirguinee.org



