Décrétée zone économique spéciale, la ville de Boké est aujourd’hui une véritable plaque tournante de l’industrie minière, abritant plus d’une quinzaine de sociétés opérant dans le secteur.
Cependant, malgré ces énormes potentialités économiques, de nombreux jeunes diplômés issus des institutions du pays se retrouvent sans emploi. Selon plusieurs d’entre eux, « les portes des sociétés minières ne sont pas ouvertes à tout le monde, même pas aux natifs de la région. »
Dans certaines entreprises minières de Boké, le recrutement demeure un véritable parcours du combattant. Un jeune diplômé témoigne : « Aujourd’hui, si tu n’as pas un parent ou une connaissance qui travaille dans ces sociétés, tu n’auras jamais de travail. J’ai déposé mes dossiers partout, mais je ne reçois jamais de réponse. »
Sous anonymat, un autre jeune d’une trentaine d’années, rencontré dans un bar-café, affirme que les noms des candidats retenus sont souvent connus avant même la publication des appels d’offres : « J’ai une fois vu une annonce sur les réseaux sociaux. J’ai postulé, mais à ma grande surprise, on m’a répondu que la liste était déjà complète. J’étais déçu. Aujourd’hui, je me débrouille dans le quartier, pourtant je suis diplômé de l’Institut Supérieur des Mines et Géologie de Boké, et j’ai même poursuivi ma formation à Dakar dans le but de servir mon pays, mais hélas… »
Face à ce chômage persistant, nombre de jeunes se tournent vers des activités génératrices de revenus telles que la conduite de taxi-moto, la vente de friperies, le lavage de voitures ou encore la gestion de petits kiosques. D’autres, faute de moyens ou d’accompagnement, passent leurs journées autour du thé ou dans les bars-cafés du quartier.

Certains, désespérés, choisissent même de tenter la traversée de la Méditerranée, espérant un avenir meilleur ailleurs.
Pour ces jeunes, cette situation est injuste et décourageante. Ils lancent un appel à l’État et aux responsables des sociétés minières pour que les recrutements soient désormais basés sur les compétences et la formation, et non sur le favoritisme ou les relations personnelles.
Depuis Boké, Fatoumata bailaou Baldé pour avenirguinee.org



