Dans la ville carrefour de Mamou, la Maison des Jeunes, autrefois un lieu dynamique d’activités culturelles et d’échanges enrichissants, fait aujourd’hui face à une crise majeure qui touche directement la jeunesse locale. Ce bâtiment, censé être un espace d’épanouissement et de développement pour les jeunes, est désormais envahi par des élèves qui désertent leurs salles de classe pour profiter du Wi-Fi gratuit, au détriment de leurs études.

D’après les responsables du lycée Doukouré, situé à proximité notamment M. Sydy Barry, proviseur, et M. Mamadou Aliou Dramé, directeur des études, les jeunes présents à la Maison des Jeunes ne sont pas leurs élèves officiels. Ils précisent qu’il s’agit plutôt de jeunes livrés à eux-mêmes ou venus d’ailleurs, ayant abandonné leurs établissements scolaires pour se retrancher dans ce lieu. Selon eux, leurs élèves demeurent dans la cour de l’école pendant les heures de cours, et les autorités scolaires sont en mesure d’identifier et de sanctionner les cas d’absentéisme constatés.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que la Maison des Jeunes, déjà fragilisée par la destruction de sa clôture quelques jours avant la grande marche du 26 avril 2025, organisée par les autorités pour célébrer les acquis du CNRD, est aujourd’hui sans sécurité ni surveillance régulière. Le site s’est transformé en un espace de stationnement anarchique, semblable à une petite gare routière, et sa tribune, autrefois scène d’événements culturels et éducatifs, est devenue un refuge informel pour ces jeunes désœuvrés.
La réalité est alarmante : des élèves notamment des jeunes filles abandonnent leurs obligations scolaires pour se livrer à des activités nuisibles, telles que la consommation de contenus vidéo obscènes grâce à la connexion gratuite à Internet. Ce phénomène accentue leur démotivation et menace directement leur avenir éducatif.

La Maison des Jeunes, pourtant un centre essentiel pour le développement culturel et social de la jeunesse de Mamou, reste désespérément sans encadrement ni soutien depuis la destruction de sa clôture.
Toutes les tentatives de M. Aboubacar Doukouré Sylla, directeur de cet édifice public, pour alerter les autorités compétentes et obtenir une assistance concrète, sont restées vaines jusqu’à présent, selon lui.
Ibrahima Kindia Soumah pour Avenirguinee.org



