IA et photographie en Guinée-Contrairement aux années précédentes, la célébration du 67e anniversaire de l’indépendance de la Guinée a été marquée par une innovation technologique inhabituelle : l’utilisation de l’intelligence artificielle, notamment à travers l’application « Gemini ». Beaucoup de citoyens, qui remplissaient traditionnellement les studios photo en cette période, ont préféré rester chez eux pour générer des photos « personnalisées » via cette IA.
Mais cette tendance a-t-elle réellement affecté l’activité des studios photographiques ? Pour en savoir plus, une journaliste d’avenirguinee.org a rencontré Abdoulaye Tounkara, responsable du 2K Studio, l’un des plus réputés de Lambanyi.
« Malgré l’IA, les clients sont venus en masse »
« S’il y a l’intelligence artificielle aujourd’hui, les photographes doivent faire avec. Prenons le jour de l’indépendance par exemple : malgré le fait que l’IA existe, il y a eu des gens qui sont venus dès la veille, jusqu’au jour de la fête, pour faire des shootings photos. Nous sommes restés là jusqu’à tard dans la nuit », affirme-t-il d’un ton rassurant.
Abdoulaye Tounkara se montre optimiste et affirme ne pas avoir été impacté négativement par la montée en puissance de l’IA générative, qui permet à de nombreux utilisateurs de créer des photos directement depuis leurs téléphones.
« Je ne sais pas pour les autres studios, mais chez moi, l’impact n’était que positif. Car il y a des gens qui ont commencé à anticiper depuis le mois de septembre. Mais, du 1er au 2 octobre, malgré les gens qui ont publié des photos générées par le biais de l’IA, il y a quand même plusieurs personnes qui étaient venues me consulter », témoigne-t-il.
« Ce que l’IA ne remplacera pas : l’émotion humaine »
Sensible au sort de ses confrères qui n’ont pas connu la même affluence, il leur adresse un message empreint de réalisme et de solidarité :
« Ce que je vous conseille, les amis, c’est de vous performer. Parce que, malgré tout ce que l’IA peut faire, elle ne fait que générer des tests. Ce qu’ils oublient, c’est qu’il y a des captures à savoir l’émotion qu’on donne à l’image, l’émotion qu’un photographe donne en faisant la photo. Donc, tout ce que je peux leur dire, c’est de s’améliorer avec plus de formation et de patience, malgré la présence de l’IA. »
Au-delà de la compétition entre intelligence artificielle et photographie traditionnelle, c’est la capacité d’adaptation des professionnels qui sera déterminante. Le témoignage d’Abdoulaye Tounkara montre que la technologie ne remplace pas le regard artistique ni la sensibilité humaine, mais invite plutôt à innover, à se former, et à évoluer avec son temps.
Saran Coulibaly pour avenirguinee.org



