Dans un récent communiqué, le ministère en charge de l’Éducation nationale a programmé la rentrée scolaire 2025-2026 au 15 septembre prochain. Une date jugée trop proche par de nombreux parents d’élèves, notamment ceux dont les enfants fréquentent les établissements privés, étouffés par des frais de scolarité qui ne cessent de grimper à chaque rentrée.
Rencontré ce mardi 26 août au quartier Cité de l’Air, dans la commune de Gbessia, Mohamed Touré, technicien électronicien, estime que la date retenue est trop tôt, au vu de la conjoncture actuelle et du manque d’écoles publiques.
« Cette date ne me convient pas. Parce que, même là où je suis assis, j’ai encore les arriérés de l’année passée. J’ai au moins 900 et quelques mille francs que je n’ai pas encore payés à l’école. Donc, pour le moment, je suis en train de me planifier pour pouvoir régler cela. Mais notre travail ne marche pas, et ça ne nous arrange pas », dit-il.
Et d’ajouter, « au moins, si la date avait été un peu reculée, on aurait pu mieux se préparer et chercher les moyens de payer les études des enfants. J’en ai quatre dans les écoles privées. Et pendant l’inscription et la réinscription, on nous demande d’avancer trois mois. Ça complique les choses.
Nous voulons vraiment envoyer nos enfants dans les écoles publiques, mais les classes sont surchargées. Les enfants sont 5 à 6 par banc. C’est difficile. Qu’ils nous aident à avoir plus d’écoles publiques pour alléger notre situation. »
Même son de cloche chez Camara Ibrahima Sory, logisticien.« La date d’ouverture ne m’arrange pas, parce que mes enfants sont dans le privé et moi, je suis fonctionnaire. J’attends donc la fin du mois pour pouvoir régulariser tout cela. Et s’ils programment la rentrée pour le 15 septembre, ce sera un véritable problème pour moi. Je n’ai pas d’autres moyens pour préparer la rentrée. En plus, je suis dans une grande famille, avec d’autres responsabilités à gérer aussi. »
Poursuivant, M. Camara déplore ce qu’il considère comme du gaspillage s’il faut payer le mois de septembre.
« Les enfants ont l’habitude de reprendre les cours après la fête du 2 octobre. On va payer ce mois-là, alors qu’ils n’iront pas à l’école. C’est du gaspillage inutile. Qu’ils revoient la date fixée ! Si c’est vraiment pour respecter les neuf mois de cours, autant programmer la rentrée au début du mois de septembre, et non au milieu, puisque les élèves ne viendront pas. »
À noter que cette rentrée scolaire est prévue à quelques jours du référendum constitutionnel, et à deux semaines de la fête de l’indépendance.
Sona Sylla pour AvenirGuinee.org



