Dans un décret lu à la télévision nationale le lundi 30 juin 2025, le président de la transition, le Général Mamadi Doumbouya, a procédé à la scission de cinq départements ministériels. Sont notamment concernés : le ministère de la Jeunesse, désormais divisé en deux ; le ministère de la Culture ; celui de l’Hydraulique ; ainsi que celui de l’Agriculture.
Dans une interview accordée à notre rédaction ce mardi 1er juillet 2025, le président de la CONASOC, Moussa Sangaré, a salué cette initiative, qu’il considère comme une avancée significative.
« C’est une bonne chose. Moi, je pense que, vu l’efficacité de ces départements actuellement, c’est une très bonne chose. Je prends deux exemples. Quand tu prends le ministère de la Jeunesse et des Sports, tant qu’on n’est pas dans les périodes de football, on n’entend rien de la jeunesse. Et la jeunesse ne se résume pas au sport.
Quand vous prenez le sport aussi, il y a tellement de domaines, mais seul le football, en Guinée, est considéré comme sport. Et les autres disciplines ? Donc il faut que ces départements puissent être séparés et qu’on fasse focus sur l’objectif même. Le sport s’occupe de tout ce qui est sport, la jeunesse s’occupe des problèmes de jeunesse. Et les problèmes de jeunesse, il y en a beaucoup », dit-il.
Poursuivant, Moussa Sangaré s’est également exprimé sur le secteur agricole : « Vous prenez l’agriculture : lorsqu’on fait le lancement de la campagne agricole, c’est fini. Il n’y a aucun autre sujet, si ce n’est pas le lancement. Vous prenez aujourd’hui d’autres pays : quel est le centre de recherche géotechnique ou le centre de recherche agronomique qui est mis en valeur ? Et lorsqu’on fait les recherches, on a des produits. Mais quel est le centre de vulgarisation qui est là pour que les populations puissent en bénéficier ? Alors, pour moi, la Guinée… Les mines, c’est bien. Mais c’est l’agriculture qui va développer ce pays.
Donc, si on a deux ministères différents, la Guinée, avec toutes ses potentialités près de 100 et quelques millions de superficies cultivables, des centaines de cours d’eau doit nourrir toute la sous-région, à la fois en agriculture et en élevage.
Mais quand vous prenez l’agriculture, on ne voit rien jusqu’à présent. On importe du riz, on importe même des poulets.
Comment vous expliquez qu’avec tout ce potentiel-là, si c’est deux départements différents et qu’ils mettent l’accent sur la recherche… une fois qu’il y a la recherche, et qu’on fait la vulgarisation auprès des paysans, je pense que ça peut bouger. Pour moi, ce n’est qu’une bonne chose », ajoute-t-il.
Enfin, concernant les secteurs de la culture, du tourisme et de l’hôtellerie, l’activiste recommande aussi la séparation des fonctions : « Maintenant, le ministère de la Culture, du Tourisme, de l’Hôtellerie, et autres… Il faut séparer. Ceux qui sont chargés du tourisme s’occupent du tourisme. Ceux qui sont chargés de l’hôtellerie s’occupent de l’hôtellerie. Ce sont deux départements différents pour moi », a-t-il conclu.
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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