Pendant que l’Aïd El-Kebir apporte joie et lumière dans la plupart des foyers de Kindia, les habitants du quartier Cacia 3 vivent un tout autre décor : Près de deux mois d’obscurité totale, sans explication ni intervention des autorités.
Ce quartier densément peuplé est plongé dans un calvaire quotidien qui se double d’un sentiment profond d’abandon. En cette fête symbolique où les familles doivent conserver de grandes quantités de viande, l’absence d’électricité rend la situation insoutenable.
« On est obligé de courir chez des connaissances dans les autres quartiers pour mettre notre viande au congélateur. C’est humiliant ! », lâche avec amertume Ousmane Sylla, père de famille.
La frustration monte d’un cran chaque jour. les femmes au foyer, les jeunes, tous dénoncent l’inaction de la société Électricité De Guinée (EDG) et l’indifférence des autorités locales.
« Près de deux mois sans courant, c’est de la torture. Nos enfants dorment dans la chaleur, la viande pourrit, et la nuit on vit dans la peur. C’est comme si on était rayés de la ville», témoigne Fanta Kaba, mère de trois enfants.
« Chaque année, on subit. Mais cette fois, trop c’est trop ! Cette fête, on ne la fête pas. On la subit », ajoute Mamadou Saliou Diallo, un boutiquier que nous avons rencontré dans la rue du quartier.
Face à cette situation, la tension devient explosive. Plusieurs jeunes interrogés sur place n’excluent pas de passer à l’action si rien n’est fait dans les prochains jours.
« Si on ne voit pas la lumière bientôt, on va bloquer la route nationale qui mène à Telémélé. Cette fois, on ne va pas se taire. Ils vont nous entendre ! », avertit un jeune du quartier, visiblement déterminé.
D’après nos informations, la panne serait liée à un transformateur hors service. Pourtant, selon les habitants, aucune mesure concrète n’a encore été prise pour résoudre le problème, malgré les nombreuses plaintes.
En attendant, les citoyens de Cacia 3 vivent entre désespoir, débrouille, et colère, pendant que les autres quartiers profitent d’une fête paisible.
« Nous voulons juste vivre normalement. Ce n’est pas un luxe de demander de l’électricité ! », conclut Ousmane Sylla.
Le quartier menace de faire entendre sa voix dans la rue. Les autorités sont appelées à agir.
À suivre…
Fodé Camara, pour avenirguinee.org



