Lors d’une conférence de presse tenue la semaine dernière, des syndicalistes affiliés à la Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée (CNTG) ont annoncé l’exclusion de leur camarade Salifou Camara, secrétaire général de la Fédération Syndicale des Professionnels de l’Education (FSPE). Ils l’accusent d’avoir tenu des propos injurieux à l’endroit du secrétaire général, Amadou Diallo. Au sein du mouvement syndical, cette question suscite un grand bruit et attise la colère.
Interrogé par avenirguinee ce mardi 18 mars, Pépé Balamou, secrétaire général du Syndicat National de l’Education (SNE), n’a pas caché sa colère à la suite de cette décision.
« Nous sommes très indignés par cette prise de décision qui n’honore pas le mouvement syndical guinéen, qui est déjà en difficulté et manque de crédibilité aux yeux du gouvernement. Si, à l’intérieur du mouvement, nous nous livrons à des guerres internes, nous ne contribuons pas à faire rayonner le syndicalisme comme par le passé », a-t-il indiqué.
Concernant les accusations portées contre Salifou Camara, Balamou souhaite que le différend soit réglé en interne, afin d’éviter de ternir l’image du mouvement syndical guinéen.
« En tant qu’inter-syndical de l’éducation, nous sommes concernés, car les personnes incriminées font partie de l’inter-syndical de l’éducation. Donc, en principe, c’est notre affaire. Mais, étant donné qu’il y a une question de mœurs, il faut d’abord que nous cherchions à résoudre ce problème et faire en sorte que les plaintes soient retirées pour ne pas retomber dans les erreurs du passé », a ajouté le syndicaliste.
C’est pourquoi Pépé Balamou invite le secrétaire général de la CNTG à faire preuve de calme, précisant que le linge sale doit se laver en famille.
« Il faudrait donc que le camarade secrétaire général de la CNTG, Amadou Diallo, fasse profil bas et prenne de la hauteur. Il est le plus âgé, il a besoin de faire preuve de retenue pour ne pas exposer le mouvement syndical à la vindicte populaire. Nous pensons que, concernant les questions de mœurs, d’atteinte à la vie privée et d’injures qui auraient été proférées, nous devrions régler cela en interne et laver notre linge sale en famille », a-t-il souligné.
Une fois la plainte retirée et les accusations abandonnées, le secrétaire général du SNE a précisé que des questions de fond devront être posées concernant le fondement de cette exclusion de la CNTG et de toutes les structures syndicales du pays.
« Par la suite, nous nous intéresserons à la question de fond pour savoir si ces injures et ces atteintes à la vie privée constituent des éléments constitutifs de manquements aux statuts et au règlement intérieur de la CNTG, et s’ils peuvent justifier l’exclusion d’un camarade. Ensuite, il faudra vérifier si les mécanismes de sanctions prévus dans le règlement intérieur ont été respectés », a-t-il conclu.
A suivre…
Sona Sylla pour avenirguinee.org



