C’est un peu comme un laboratoire cherchant à résoudre les nombreuses problématiques auxquelles l’Afrique est confrontée. Depuis deux jours à Rabat, des chercheurs, scientifiques, entrepreneurs et présidents d’institutions et d’organismes débattent des solutions qui pourraient permettre à l’Afrique de montrer une nouvelle image. Ces hommes et femmes animent des panels autour de sujets cruciaux dans le cadre de la “Semaine l’Afrique des Solutions”, dont la deuxième édition se tient au Royaume du Maroc.
Parmi les projets exposés, la lutte contre les faux médicaments en Afrique, dirigée par la Coalition pour l’Élimination des Faux Médicaments en Afrique(CEFMA), a retenu l’attention.
Après son intervention, l’Ambassadeur Cheick Keita, Président fondateur de l’Observatoire Panafricain du Numérique pour le Développement (OPND), s’est exprimé au micro d’avenirguinee.org.
Dans ses propos, il est revenu sur les raisons de la création de la Coalition pour l’Élimination des Faux Médicaments en Afrique (CEFMA) : « J’ai créé cette initiative parce que je pense qu’il est temps pour l’Afrique d’agir. Nous travaillons sur cette plateforme en collaboration avec les États en signant des accords. L’objectif est de créer des zones franches médicales afin d’assembler les médicaments en Afrique, ce qui permettra de réduire leur coût. Nous allons aussi accompagner des start-ups pour intégrer les jeunes, filles et garçons, sans emploi, afin qu’ils puissent contribuer à cette dynamique pour l’Afrique », a-t-il expliqué.
Concernant son organisation, il a précisé qu’elle est déjà présente dans 36 pays : « Nous sommes en train de signer des contrats avec les États, car il est essentiel que les gouvernements reconnaissent que notre action vise à lutter contre les faux médicaments et à protéger la santé publique. Au-delà de cette lutte, nous envisageons de développer des plateformes de e-commerce pour que même les personnes vivant dans les zones rurales puissent avoir accès à des médicaments sûrs. C’est une solution globale que nous mettons en place pour répondre aux besoins des populations africaines. »
Depuis sa création il y a un an, l’organisation a progressé dans plusieurs pays qui sont en train de signer des contrats. « Il reste encore du travail à faire, mais nous sommes satisfaits de l’appréciation que les gens ont de notre projet », a-t-il ajouté.
En Guinée, les autorités de la transition, arrivées au pouvoir le 5 septembre 2021, ont fait de la lutte contre les faux médicaments une priorité. Plusieurs vendeurs indélicats ont été jugés et condamnés, montrant la volonté de nettoyer ce secteur. L’ambassadeur Keita entend bien apporter sa contribution dans ce combat. Originaire de Boké, il affirme avoir des solutions à cette problématique.
« J’ai déjà pris contact avec le ministère de la Santé ainsi qu’avec une entité détentrice de la licence d’importation des médicaments en Guinée. Nous travaillons ensemble pour voir comment trouver des solutions en accord avec l’État, notamment en créant une zone franche médicale pour réduire le coût des médicaments. Les gens se tournent vers les faux médicaments parce que les prix sont trop élevés. Les intermédiaires ajoutent leur marge, ce qui renchérit considérablement le prix des médicaments en Guinée. Ce que nous voulons, c’est collaborer avec le centre de distribution des médicaments en Guinée pour baisser les prix, afin que chaque Guinéen, peu importe son revenu, puisse avoir accès à des médicaments abordables », a-t-il confié.
La Semaine de l’Afrique des Solutions offre ainsi une opportunité unique aux porteurs de projets d’échanger avec des experts mobilisés pour cette édition.
Mohamed Cissé, envoyé spécial à Rabat, pour avenirguinee.org



