Ils disent être oubliés et demandent une attention particulière des autorités sur leurs conditions. Ce sont les fossoyeurs et gardiens du cimetière de Cameroun, le plus grand de Conakry situé dans la commune de Dixinn.
Au tour de leur administrateur, ces personnes au nombre de cinq (5), ont accordé une interview ce jeudi 14 décembre à la rédaction d’avenirguinee.org.
Mamadouba Bangoura, leur porte-parole, indique que : « depuis 2004, je suis là. J’ai été envoyé ici par le gouvernorat de la ville de Conakry à l’époque. Je ne fais rien si ce n’est de creuser les tombes. Je nourris ma famille à travers ce que les gens qui viennent enterrer leurs corps me donnent et le salaire de 550.000 que nous recevons à la fin du mois. Pourtant, je quitte Tombolia chaque jour. Calculez ça par mois en termes de transport », dit-il.
A l’encontre, dans l’exercice de leur métier, ils sont exposés aux grands risques dans ce cimetière : « nous sommes exposés aux blessures causées par les os et les odeurs que les corps dégagent. Nous n’avons pas de bottes, pas de matériels, pas d’accompagnement ni de bonnes volontés, encore pas du secrétariat général des affaires religieuses », regrette notre interlocuteur.
Ainsi, il interpelle les autorités et les bonnes volontés sur leurs conditions de vie et de travail : « c’est nous qui surveillons ici, c’est nous qui gardons ici, c’est nous qui nettoyons ici, c’est nous qui creusons les tombes pour les gens avec beaucoup de risques. C’est pourquoi, nous sollicitons l’aide de tout le monde, que ce soit du gouvernement, des ONG, des acteurs de la société civile afin que notre condition de vie soit améliorée. On s’est sacrifié pour les gens, donc il faut qu’ils nous aident aussi », lance Mamadouba Bangoura.
Selon l’administrateur général du cimetière de Cameroun, toutes les démarches qu’ils ont menées sont restées sans suite.
« On a fait beaucoup de démarches auprès des autorités afin que notre condition de vie soit améliorée, mais jusqu’à présent aucune réaction », laisse entendre El hadj Biro Keita. Par contre, il ajoute que : « ce n’est qu’à l’arrivée du CNRD au pouvoir que les salaires des fossoyeurs de tombes ont été augmentés à 550.000 francs. Ce, suite aux efforts de la gouverneure que nous remercions de passage ».
Avant de terminer, l’administrateur de ce cimetière rappelle que « Ici (en indexant les tombes), c’est la dernière demeure de tout le monde. Que tu sois riche ou pauvre, ta dernière maison sera ici. Le secrétaire général des affaires religieuses actuel est venu ici, il nous a promis mais jusqu’à présent on a rien vu. Quand je pars là-bas, je ne trouve pas d’accès », déplore El hadj Keita.
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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