La Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) passe à la vitesse supérieure dans l’enquête sur la gestion du Fonds national pour l’insertion des jeunes (FONIJ). Ce 2 novembre 2026, le Procureur spécial a émis une réquisition interdisant la sortie du territoire guinéen à quatre hauts dirigeants, anciens et actuel, de la structure.
Des soupçons de détournement et de corruption
Dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte pour de présumées infractions économiques et financières, la justice resserre son étau autour de l’instance chargée de la promotion de la jeunesse. Les investigations portent sur des faits particulièrement graves : détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, enrichissement illicite et complicité.
La mesure conservatoire prise par le parquet spécial vise précisément quatre figures de l’institution :
Mohamed Nabé, Directeur général du FONIJ de 2008 à 2011 ;
Ousmane Touré, Directeur général de 2014 à 2019 ;
Mariama Ciré Baldé, Directrice générale de 2019 à 2022 ;
Abdouramane Baldé, actuel Directeur général en exercice.
Une décision justifiée par l’urgence des investigations
Dans la réquisition adressée au Commissaire spécial de l’aéroport international Ahmed Sékou Touré ainsi qu’au Directeur de la Police aux frontières (DPF), le Procureur spécial met en avant « l’urgence et les nécessités de l’enquête ».
Pour le magistrat, la présence physique des mis en cause sur le sol national est indispensable à la conduite des interrogatoires et des recoupements d’informations menés actuellement par la Direction centrale de l’Office de Répression des Délits Économiques et Financiers (ORDEF). Cette interdiction de voyager vise également à écarter tout risque de soustraction à la justice avant le terme de la procédure judiciaire.
Une gestion passée au peigne fin depuis la création du fonds
Cette offensive judiciaire fait suite à une enquête préliminaire élargie qui passe au crible l’ensemble de la gestion du FONIJ depuis sa création.
Selon nos informations, les enquêteurs de l’ORDEF s’intéressent de près à plusieurs zones d’ombre :
L’authenticité des bénéficiaires ayant reçu des financements accordés par le fonds ;
La traçabilité des subventions et des programmes exécutés au fil des années ;
Le circuit des décaissements financiers ;
D’éventuels conflits d’intérêts ayant pu impliquer les cadres dirigeants.
Avec cette interdiction de sortie du territoire, la CRIEF réaffirme sa volonté d’aller au bout des investigations sur l’utilisation des deniers publics destinés à la jeunesse guinéenne. L’affaire ne fait que commencer.
Avenirguinee.org



