À N’Zérékoré, étudier est devenu un véritable parcours du combattant. Pour la majorité des jeunes inscrits à l’université, trouver un logement abordable à proximité du campus relève du défi insurmontable. Les ressources financières limitées des étudiants s’épuisent rapidement face à la somme des dépenses quotidiennes : loyers élevés, alimentation et frais de transport.
Sans infrastructure d’hébergement public au sein de l’université, plusieurs étudiants sont contraints de parcourir des kilomètres chaque jour pour rallier leurs salles de cours, souvent au prix de lourds sacrifices physiques et financiers.
Pour les nouveaux arrivants venus d’autres régions de la Guinée, l’intégration s’accompagne d’un sentiment d’isolement et de grandes difficultés économiques.
« Je suis logé très loin de l’université et c’est la première fois que je viens ici à N’Zérékoré. Je n’ai aucun parent sur place », confie Abdoul Salam Sylla, étudiant en licence 1 d’Hydrologie.
« Rien que pour le transport aller-retour, je dépense 20 000 GNF par jour. Parfois, je suis obligé de faire le trajet à pied pour économiser un peu d’argent. Je demande aux autorités éducatives et au gouvernement de nous aider à construire des campus universitaires, car nous souffrons vraiment. »
Un constat partagé par ses camarades. Bien que l’accueil de la population locale soit salué, le manque de structures adaptées pèse lourdement sur la vie académique.
« L’accueil a été très chaleureux, mais la situation des étudiants reste très délicate concernant le logement », souligne Jean Claude Honomou, étudiant en licence 1 d’Anglais. « Il faut absolument que le gouvernement construise des cités universitaires pour nous, c’est la seule solution durable », plaide-t-il.
À la précarité financière s’ajoute la contrainte des emplois du temps. Avec des cours programmés en soirée, de 16h à 20h, le retour à domicile pose un sérieux problème de sécurité et de logistique.
Pour ceux qui habitent loin du campus et doivent se déplacer dans l’obscurité, ces horaires tardifs accentuent les risques liés à la sécurité lors des trajets en soirée. Cette combinaison d’obstacles logistiques et financiers amène aujourd’hui les acteurs de la communauté universitaire à s’interroger sur les réelles chances de réussite de ces jeunes livrés à eux-mêmes.



