La menuiserie aluminium recouvre bien plus que la simple pose de vitres : elle s’impose aujourd’hui comme une véritable source de revenus pour de nombreuses familles guinéennes. Ce mercredi 5 août, la rédaction d’Avenirguinee.org s’est rendue dans un atelier de vitrerie à Conakry pour s’enquérir du quotidien de ces artisans et des réalités d’un métier en pleine expansion.
Rencontré dans son atelier, M. Foromo Koli Bilimou affirme exercer ce métier depuis plusieurs décennies. Aujourd’hui, il soutient avoir formé une vingtaine d’apprentis à son tour.
« Depuis 1992, je pratique ce métier, et deux ans après, j’ai ouvert mon propre atelier à Koloma, là où se situe actuellement la mosquée turquoise. Pratiquement, j’ai formé une vingtaine d’apprentis », explique-t-il.
Interrogé sur la manière dont il décroche ses marchés et sur le chiffre d’affaires qu’il génère, l’artisan détaille son mode d’opération :
« Généralement, je vais sur les chantiers pour chercher des contrats, et c’est avec de grandes entreprises que je signe. Parfois, c’est très dur d’avoir le marché, mais malgré cela, Dieu fait grâce et je parviens à traiter un contrat de 50 000 000 GNF par mois. »
À l’instar d’autres corps de métier, les vitriers ne sont pas épargnés par les difficultés économiques. M. Bilimou pointe notamment du doigt les pratiques commerciales autour de l’importation de l’aluminium, où les grossistes s’imposent également sur le marché du détail.
« La principale difficulté que nous rencontrons dans notre pays est le manque de distinction chez les grossistes d’aluminium. Ceux qui importent sont les mêmes qui détaillent, et la concurrence devient rude. Normalement, puisqu’ils importent, nous devrions être les détaillants afin de conserver une marge de bénéfice. Mais à cette allure, nous revendons au même prix, ce qui rend la situation très compliquée. »
Pour clore son intervention, M. Bilimou lance un appel direct aux autorités publiques ainsi qu’à la jeunesse guinéenne : « Nous demandons à l’État de régulariser le secteur pour nous, sinon cela reste très compliqué. À la jeunesse guinéenne, je demande d’oublier l’immigration, d’arrêter de risquer sa vie sur la Méditerranée et de choisir un métier à pratiquer. Notre pays a beaucoup d’opportunités, vous êtes nos bras valides : formez-vous et vous trouverez des opportunités. »

Sona Sylla pour Avenirguinee.org



